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04-08-2014

Commémoration du centenaire de la guerre de 1914/1918

Samedi 2 août 2014

 

Affiche originale de la mobilisation (propriété d'un habitant de Mhère)

 

 

Samedi 2 août 2014, la Municipalité sur ordonnance de l'Etat, commémore le centenaire du début de la guerre 1914/1918. De nombreux habitants se sont déplacés pour participer à la cérémonie. A 16 h 00, les cloches de l'Eglise Sain-Germain retentissent dans la vallée à raison d'une par seconde pendant une minute. Deux habitants de la commune narrent ensuite chacun un discours dont lé récit est rapporté ci-dessous sous le regard attentif du Maire Danielle THOMAS, du Conseil Municipal, le tout dans un émoi solennel de l'auditoire présent au sein de l'église. Un vin d'honneu en Salle du COnseil clôture de moment de recuillement et de souvenir.

Le Tocsin

 

De quoi s'agit-il ?

Le tocsin est une sonnerie exécutée sur une cloche civile ou religieuse, destinée à signaler un événement grave comme un incendie, une émeute ou une guerre, et inciter la population à se rassembler d'urgence.

Le mot tocsin avec cette orthographe daterait de 1611. L'étymologie la plus probable serait une déformation de « touquesain » (1379) dérivant lui-même du vieux provençal « tocasenh » [« tocar » (toucher) + « senh » (la cloche)]. Tocsinner, verbe un peu désuet, signifie toujours « sonner le tocsin ».

Un peu d'histoire

À l'époque médiévale, des guetteurs montaient la garde dans le clocher de certaines cathédrales ou de beffrois, afin de prévenir d'un incendie, d'une attaque, d'un événement, etc. Les premières utilisations du tocsin sous la forme actuelle dateraient des environs de 1570.

Dans les villes, dès le XIXe siècle, le tocsin s'est avéré insuffisant pour prévenir une large population, et des recommandations commencèrent à être données pour installer des mécanismes destinés à donner l'alarme sur les lieux mêmes des casernes de pompiers.

Dans les zones rurales, le tocsin est en revanche resté largement utilisé jusqu'au milieu du XXe siècle, période à laquelle l'usage de la cloche est presque systématiquement remplacé par celui de la sirène municipale. Le tocsin était cependant encore pratiqué avant 1940 à Trégon (Côtes d'Armor) et jusqu'en 1960 à St-Maurice-sur-Eygues (Drôme) ou encore à Chemaze (Mayenne) mais ces cas restent des exceptions.

Cette perte de coutume, et donc du message porté par la cloche, a d'ailleurs récemment posé un problème à un maire d'une commune du Gard lors des graves inondations du Gard en septembre 2002. Comment prévenir la population à 1 heure du matin de la menace de rupture d'un barrage ? Le maire appela le curé de la paroisse pour sonner le tocsin, mais la population, composée en grande partie de jeunes générations, ne réagit pas, faute de connaître la signification de la sonnerie.

En août 1914, lors de la déclaration de guerre, le tocsin a surtout été sonné dans les communes rurales, pour accompagner la mise en place des affiches de mobilisation, et afin de prévenir la population aux champs. Mais la guerre était malheureusement attendue, et il n'a pas toujours été nécessaire de tocsinner: l'expression «sonner le tocsin » a ainsi très souvent été utilisée de manière métaphorique, dans les journaux ou les correspondances privées de l'époque, sans qu'il y ait eu réellement besoin de sonner la cloche.

Existe-t-il une cloche spéciale pour sonner le tocsin ?

De telles cloches subsistent dans de très rares édifices religieux en France : à la cathédrale de Metz, à Ribeauvillé (Haut-Rhin), à la cathédrale de Quimper, où la « Cloc'h An Comun » est utilisée à la fois pour sonner le tocsin et le couvre-feu.

Dans la Nièvre, le tocsin, lorsqu'il existe sous forme de commande électrifiée, peut être sonné soit sur la cloche au timbre le plus aigu, soit, dans la plupart des clochers, sur la cloche unique servant à toutes les sonneries.

Comment sonner le tocsin ?

Le tocsin est sonné à coups pressés, directement sur la cloche, à l'aide du battant (intérieur de la cloche) ou d'un marteau (extérieur à la cloche), à environ un coup par seconde ou demi-seconde selon les régions, et pendant une minute. C'est généralement le rythme d'un coup par seconde qui a été appliqué dans les clochers équipés de commande électrifiée.

Usage civil ou religieux des cloches : quelle est la réglementation en vigueur ?

L'article 27 de la loi du 9 décembre 1905 et les articles 50 et 51 du décret du 16 mars 1906 prévoient que les sonneries de cloches tant civiles que religieuses sont réglées par arrêté municipal, après entente avec le prêtre de la paroisse s'il s'agit du clocher d'une église consacrée, et, en cas de désaccord entre le maire et les responsables religieux, par arrêté préfectoral.

S'agissant de la commémoration du 2 août 2014, Mgr l'évêque de Nevers a déjà été informé de l'événement, et il convient que chaque commune comportant un clocher capable de tocsinner prenne préalablement contact avec le prêtre de la paroisse.

Pour en savoir davantage

Voir et écouter une sonnerie de tocsin :

En apprendre plus sur le langage des cloches :

Source : fiche rédigée par le Lieutenant-colonel Pierre-Éric Durand, délégué militaire départemental de la Nièvre, le 30 mai 2014.


 

Ordre de mobilisation générale

 

Le contexte

Dans la soirée du 1er août 1914, les Français découvrent sur la porte des mairies l'affiche portant « ordre de mobilisation générale ». Chacun sait ce qui est attendu de lui. La guerre n'est pas encore effective (l'Allemagne ne la déclare à la France que le 3 août), mais la crise née en Bosnie a atteint un point critique. L'immense majorité des Français, toutefois, n'avait pas réellement mesuré toute l'ampleur de la gravité de la situation. C'est donc avec une certaine stupéfaction qu'est lu le décret, signé par le président de fa République Raymond Poincaré, qui enjoint les trois millions de réservistes et de territoriaux à rejoindre, dès le 2 août, les 800 000 soldats déjà en service actif (au total, 8,5 millions de Français seront mobilisés entre 1914 et 1918).

Pour les soldats et leurs familles, dans l'angoisse de la séparation, l'heure n'est nt a l'exaltation guerrière, ni à l'expression de la haine de l' adversaire, ni à l'exigence de la « Revanche » et de la reconquête de l'Alsace-Lorraine. Les historiens ont remis en cause le mythe d'un départ « la fleur au fusil ». Les .attroupements autour des trains de conscrits quittant les gares sous les vivats furent en réalité peu nombreux. Le sens du devoir, la volonté d'assurer la protection de leurs familles, la résignation et l'espoir d'une guerre courte, achevée _.dans l'année, furent bien les sentiments dominants des mobilisés au moment de rejoindre leur régiment.

La mobilisation

La mobilisation est l'ensemble des opérations qui permet de mettre l'armée française sur le pied de guerre, avec notamment le rappel théorique sous les drapeaux de tous les Français aptes au service militaire. Planifiée de longue date, l'affectation de chaque homme était prévue selon son âge et sa résidence.

En 1914, l'enrôlement dans l'armée française repose sur le principe de la conscription, établi par la loi Jourdan (1798). Toutefois, ce n'est qu'en 1905 que la conscription prend la forme d'un service militaire « personnel, égal et obligatoire » pour tous les hommes français âgés de 21 ans, sauf incapacité physique, pour une durée de deux ans, cette durée étant portée à trois ans en 1913. Ils sont ensuite intégrés aux forces de réserves, puis aux forces territoriales jusqu'à la fin de leurs obligations militaires (51 ans). En cas de mobilisation générale, « réservistes» et «territoriaux» doivent rejoindre au plus vite leur régiment, sous peine d'emprisonnement pour désertion.

La mobilisation s'est déroulée en 17 jours, du 2 au 18 août 1914. Au regroUpement des hommes aptes au combat s'ajoutait la nécessité de prévoir le transport, l'habillement, l'équipement et l'armement de plus de trois millions de soldats dans tous les territoires français, essentiellement en métropole mais aussi dans certaines colonies, puis leur acheminement par voie ferrée essentiellement vers la frontière franco-allemande.

C'est la première fois qu'une mobilisation générale est décrétée en France (en 1870, seule l'armée de métier est mobilisée).

Le document

L'affiche qui vous a été adressée est une reproduction du document provenant des archives communales de Tronsanges déposées et conservées aux Archives départementales de la Nièvre.

D'un type imprimé en 1904, elle est complétée de la date effective (le 2 août 1914), puis placardée par la gendarmerie. En effet, à cette époque, l'affichage public reste avec la presse, le principal moyen d'information.

Sources :

  • Le site officiel de la Mission du Centenaire : centenaire.org.fr
  • « 14-18, le département de la Nièvre dans la Grande Guerre» - Maurice Valtat - 1990.
Dernière mise à jour : ( 04-08-2014 )
 
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