Fiche matricule de recrutement

LUSSIER René Louis Fréderic

04/07/1892 - 25/04/1916

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Informations personnelles

Né le 04/07/1892 à Varzy (Nièvre)

Résidant à Paris, Rue St. André des Arts

Père : Lussier Jean

Mère : Muzard Marie Louise

Profession : étudiant

Résidence familiale :


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxchâtains
Yeuxjaunes
Frontmoyen
Nezrectiligne
Visagelong
Taille1.69 m
Poids kg

Recrutement

Fiche matricule nr. 849, Bureau de Cosne. Classe de mobilisation 1912

Inscrit sous le nr. 50 de la liste cantonale de Clamecy

Classé dans la 1e partie de la liste en 1913 "Bon"


Détail des services et mutations diverses

00-10-1913
Incorporé au 56e Régiment d'Infanterie. Arrivé le dit jour (date illisible)

15-10-1913
Commission de réforme de Chalons sur Saône : réforme temporairement (1e catégorie) pour "pleurésie gauche récente"

10-01-1914
Lussier est Instituteur-adjoint à Mhère

04-09-1914
Commission de réforme de Cosne à rappeler service armé.

16-10-1914
Rappelé à l'activité pour le 56e Régiment d'Infanterie. Arrivé le dit jour au dépôt du corps, 28e compagnie d'instruction.

13-12-1914
Passé au 95e Régiment d'Infanterie dépôt 27e compagnie d'instruction.
Immatriculé sous le nr. 7366.

30-09-1915
Aux armées unité combattante 95e RI, 2e bataillon 8e compagnie.

Le 95e RI se trouve dans les Hautes de Meuse région St. Agnant et Pont sur Meuse. Il occupe successivement Le Bois Brulé, La Tête à Vache et La Louvière. La dernière attaque ennemie sérieuse était de 16 avril et la guerre de tranchées avait se stabilisé.
Le régiment est bombardé presque journellement et éprouve des pertes qui finissent par être sensibles. Les 'abris sont encore fragiles et inconfortables. Quotidiennement,
on est obligé de refaire les parapets démolis par les tirs. C'est dans ces conditions que le régiment passe la deuxième partie de 1915.
Du 19 au 31 janvier 1916, le 95e est relevé et quitte ce secteur où, depuis quinze mois, il a combattu sous des bombardements effroyables et dans des attaques meurtrières.

06-02-1916 au 21-02-1916
Repos et entrainement du 95e RI au Camp de Belrain, 7 km sud de Pierrefitte-sur-Aire.
21-02-1916 au 23-02-1916
Le 95e RI est alerté, subitement et se transporte dans la vallée de l'Aire, où il reçoit l'ordre à Pierrefitte-sur-Aire le 23, de se porter en avant. Il est 10 heures, la soupe est mangée en un quart d'heure. Le régiment part. Une marche forcée, sans repos du soir, l'amène au bout de 30 kilomètres. Vers 23 heures, à Sommedieue et au Camp de Sommedieue puis à 3 heures du matin, nouvel ordre urgent, nouveau départ sans repas,
nouvelle marche de 30 kilomètres sans repas encore.

23-02-1916 au 24-02-1916
A 21 heures, le 95e RI est à Fleury-devant-Douaumont pour relever les 51e et 72e divisions, écrasées devant l'invasion allemande. Le 1er bataillon est à la cote 378, le 2e au ravin 1000 mètres à l'ouest de Douaumont, le 3e à Douaumont. A droite est la brigade Chère (2e et 4e bataillons de chasseurs à pied et 418e RI)
Le 24 février ordre est donné au régiment de se mettre en route direction Fleury et de la bifurcation des routes Verdun-Vaux et Fleury-fort de Tavanne, mais quand le 3e bataillon arrive à ce bifurcation, ordre est donné de retourner à Douaumont. Ordre d'attaque est donné par le commandant de brigade d'attaque immédiate. La situation est grave. Le général fait laisser les sous sur la route et sans même pouvoir se former, le 3e bataillon qui était échelonné sur une profondeur de 2 kilomètres, se porte sur Douaumont avec objectif : 1e bois des Fosses, 2e Beaumont.
Le mouvement du 3e bataillon est ralenti par une colonne de voitures d'artillerie et de cuisines roulantes, refluant de Fleury sur Verdun dans un certain désordre.
Les 1e et 2e bataillons reçoivent l'ordre de prendre leurs vivres de réserve dans les musettes, les couvertures et toiles de tente en bandoulière, de laisser les sous sur les voitures et de rassembler dans le ravin Nord de Fleury vers la cote 320 pour suivre ensuite le mouvement du 3e bataillon.
À 18h40 le 3e bataillon a atteint la lisière nord de Douaumont, très gêné dans sa marche de nuit par des réseaux de fils de fer. Il a poussé des reconnaissances jusqu'au mamelon

25-02-1916
À partir de 9 heures l'ennemi dirige un bombardement extrêmement violent et ininterrompu sur les bataillons de 1e ligne et le village de Douaumont. À 15 heures, l'ennemi, débouchant sur le front lisière ouest du bois la Vauche cote 347, cote 378, prononce une attaque sur la 1e ligne. Le 1e bataillon à l'est du village ne trouvant plus à droite l'appui des 2e et 4e BCP est tourné ; une partie du bataillon disparait, d'autre éléments séparés rejoignent directement Douaumont, quelques éléments se jettent vers le bois Chaufour. L'ennemi continue son attaque sur Douaumont et s'avance en 5 ou 6 vagues précédé par un tir de barrage de tous calibres. Le 3e bataillon à la lisière nord de Douaumont ne bouge pas et tient sa position. Il manque le support de l'artillerie, parce que le régiment n'est pas encore relié avec l'artillerie à peine arrivée.
Le 2e bataillon à gauche ne lâche pas le terrain il, occupe et couvre son flanc droite par une section de mitrailleuses. L'ennemi pris de flanc par les mitrailleuses arrête également de sa coté son mouvement en avant et s'infiltre dans le bois Chaufour.
À 18 heures la compagnie à la lisière est du village cherche une liaison vers sa droite, mais les reconnaissances envoyées ne trouvent personne et poussant jusqu'au fort de Douaumont elles sont reçues par des coups de fusil. Le fort est occupé par les allemands.

26-02-1916
À 9 heures le régiment est prévenu qu'il est relevé par le 110e RI. En raison du bombardement plus violent que celui de la veille et, en raison d'une attaque possible, le commandant décide de rester en place et demande le commandant du 110e RI de le renforcer en cas de besoin. À 16h30 l'ennemi se porte à l'attaque du village de Douaumont et de la ligne Douaumont-Bras. Cette attaque échoue par une contre-attaque des tirailleurs. Les vagues qui débouchent du bois Chaufour sont successivement fauchées. À 17h15 toutes les positions du 95e RI sont maintenues et à partir de 18 heures le 110e RI commence la relève du régiment.


Douaumont3



27-02-1916
L'E.M. du régiment quitte Douaumont à 1 heures, pour se rendre à Fleury. Les 5e et 6e compagnies vont occuper les ouvrages de Thiaumont et une demi-section de la 12e compagnie se rend au fort de Souville
À 7 heures le régiment va se reformer à la cote St. Michel et à 15 heures il va cantonner à la caserne Marceau.
Le lt. colonel décide de fondre ce qui reste du 1e bataillon dans le 2e et 3e bataillon.

Les pertes du 95e RI pendant la période du 24 au 28 février sont de:
Tués 65, blessés 241, disparus 394

28-02-1916 au 24-04-1916
Après quelques cantonnements secondaires, le 18 mars 1916, le régiment est installé dans les Hauts de Meuse. Ce secteur comporte un séjour :
1e A Montgirmont-les-Éparges ;
2e A Bonzée, Villers, Mont-sous-les-Côtes.
Les Éparges sont un secteur extrêmement dur. On patauge jusqu'à mi-jambe dans la boue argileuse qui happe et qui déchausse. Toutes les semaines une explosion de mines occasionne de pénibles pertes. La soupe va se chercher à cinq kilomètres et la corvée, partie à 4 heures du soir, est à peine de retour à minuit, marchant souvent sous de violents bombardements.
Aussi, Bonzée et Villers constituent-ils un repos. C'est la campagne verdoyante. Il y a des fraises des fruits. On n'y vit pas la vie de tranchée mais la vie de rase campagne. Les repos se prennent à Sommedieue.
Le 95e RI fera dans ce secteur, alternant dans chaque zone plusieurs séjours.


Les Eparges 1916



Les Éparges en 1916 : à droite les entonnoirs, à gauche les tranchées Allemandes


Jour de décès

25/04/1916

En cherchant dans le JMO du 95e RI à la date de 24 avril je trouve le suivant :
Depuis le 22 avril le 2e bataillon occupe les positions dans la zone II des Éparges.

Le 24 avril s'est noté :
"à 3h 30 les Allemands font sauter une mine qui ne nous cause aucun dégât en hommes.
Notre tir de barrage se déclenche immédiatement après. Le soir à 18 heures les Allemands font sauter une deuxième mine qui nous engloutit 2 petits postes et fait écroule un abri demi section. Nos pertes sont assez sérieuses.
Pertes 7 tués, 4 blessés, 11 disparus"

Le 25 avril s'est noté :
"Les Allemands inondent nos premières lignes de torpilles et grenades fusils. Ils envoient de même des obus de gros calibres en arrière de nos lignes. Pertes- 4 blessés."

Il me semble que Lussier était disparu suite la deuxième explosion de la mine à 18 heures le 24 avril 1916, vu que le JMO ne montre aucun disparu le 25 avril.

Par décision du Tribunal de Clamecy, le décès de René Lussier était fixé le 25 avril 1916.
Il avait 23 ans.


Citations

Néant


Médailles

Néant


Inhumation

Lieu d'inhumation pas trouvé


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

- plan de Douaumont : Gallica BNF

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