Fiche matricule de recrutement

PREVOTAT Claude

24/09/1878 - 15/10/1918

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Informations personnelles

Né le 24/09/1878 à Montigny en Morvan

Résidant à Montigny

Père : Prevotat Pierre

Mère : Perrin Pauline

Profession : cultivateur

Résidence familiale : Montigny


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxbruns
Yeuxbruns
Frontordinaire
Nezmoyen
Visageovale
Taille1.62 m
Poids kg

Recrutement

Fiche matricule nr. 1860, Bureau de Nevers. Classe de mobilisation 1898

Inscrit sous le nr. 108 de la liste cantonale de Château Chinon

Classé dans la 2e partie de la liste. "Bon" "Dispensé ainé de sept enfants"


Détail des services et mutations diverses

14-11-1899
Incorporé au 60e Régiment d'Infanterie. Arrivé au corps le dit jour et immatriculé sous le nr. 1595. Soldat 2e classe.

22-09-1900
Envoyé dans la disponibilité. Certificat de bonne conduite "Accordé"

01-11-1902
Passé dans la réserve de l'armée active.

19-04-1903
Résidant à Brie-Comte-Robert, Seine et Marne, ferme de Passy.

06-06-1904
Résidant à Mhère

28-10-1904
Résidant à Guignes, Seine et Marne

21-08-1905 au 17-09-1905
1e période d'exercices au 13e Régiment d'Infanterie

08-11-1905
Résidant à Janvry, Essonne

16-05-1908
Résidant à Épiais-les-Louvres, Val d'Oise

15-10-1908 au 28-10-1908
2e période d'exercices au 13e Régiment d'Infanterie

23-11-1911
Résidant à Mhère hameau de Jeaux. Profession de sabotier.

01-10-1912
Passé dans l'armée territorial

04-08-1914
Rappelé à l'activité suite de la mobilisation générale. Arrivé au 64e Régiment d'Infanterie Territorial à Nevers le dit jour. Immatriculé sous le nr. 4970

12-08-1914 au 13-08-1914
2 bataillons du 64e RIT quittent Nevers par voie ferrée pour Besançon où ils arrivent le 13 aout. Cantonnements au Fort de Montfaucon et au village de Montfaucon.

13-08-1914 au 08-10-1914
Le 64e RIT est employé aux travaux de défense du secteur Est de Besançon, alternant avec des exercices.

08-10-1914
Sur l'ordre du général gouverneur de la Place de Besançon sont formés deux détachements dessinés à renforcer le 69e RI à Autun et le 160e RI à Cosne. Le détachement dessiné au 160e RI était compose de 27 sous officiers , 48 caporaux et 573 soldats. Ce détachement a été dirigé sur Villers-Bretonneux où il débarque le 10 à 3 heures du matin. Il a reçu l'ordre ensuite de se rendre à Méaulte, où, le 11 octobre à 9 heures du matin il est mis à la disposition du Colonel Commandant le 160e Régiment d'Infanterie.

09-10-1914
Prevotat est passé au 160e Régiment d'infanterie. Immatriculé sous le nr. 20473

11-10-1914
Arrivée du détachement du 64e RIT à Méaulte, Somme, région de Picardie. C'est noté que la 7e Cie a reçu 67 hommes territoriaux.
Le 160e RI fait partie de la 78e brigade, 39e division, 20e Corps d'Armée.
Le régiment a les jours avant attaqué Fricourt.

18-10-1914
Au matin, les 1e et 2e bataillons doivent attaquer le village de La Boisselle. Les feux d'artillerie et de mitrailleuses ennemies se révèlent intenses et arrêtent la progression. Malgré l'appui de l'artillerie lourde, de nouvelles attaques, à 8h 30 et à 14 heures, ne peuvent atteindre le village. Les pertes sont élevées. L'attaque est suspendue.
Pertes: tués 43, blessés 156, disparus 6.

19-10-1914 au 02-11-1914
Le 160e RI fait, après quelques jours de cantonnement à Méaulte, au nord-ouest.
Il bivaque à Bus-les-Artois et le 28 octobre il s'installe à Souastre, Saint Amand et Bierviller-au-Bois. Chaque jour le régiment est bombardé par obus ennemie. Le 22 octobre le régiment reçoit un renfort de 444 hommes.
Pertes: 5 tués, 10 blessés.

02-11-1914 au 09-11-1914
Embarquement à Doullens en chemin de fer pour la Belgique. Débarquement 1 bataillon à Abele, 1 bataillon à Popéringhe et 1 bataillon à Beuilleul. Il se ressemble à Everdinghe. Le 160e cantonne tout d'abord à Boesinghe. Après avoir tenu la ligne, alors bien imprécise, aux environs du canal de l'Yser, il se porte dans la nuit du 6 au 7 à
Vormezeele. L'ennemi a une forte artillerie et s'en sert activement. Les bivouacs sont arrosés; la marche sur Vormezeele est ponctuée par les coups de 210.En entrant dans le village, des hommes tombent, frappés par des balles parties d'on ne sait ou. C'est que la situation est on ne peut plus confuse. On organise Vormezeele, puis deux bataillons s'établissent entre ce village et Saint-Eloy, prêt à s'engager.
Pertes: tués 7, blessés 11, disparus 1

09-11-1914 au 11-11-1914
Au matin, le régiment passe en première ligne dans la situation suivante : le 1e bataillon entre La Capellerie et la route de Saint-Eloy à Wyschaete, le 3e bataillon face à la ferme Elkof et le 2e bataillon à Vormezeele.
Dans l'après-midi, les chasseurs, à la droite, commencent à céder du terrain. Le 2e bataillon exécute une contre-attaque qui ramène la ligne française à 500 mètres de la ferme Elkof. Les hommes ont attaqué sous le feu de nombreuses mitrailleuses. Les 8e et 10e compagnies sont presque anéanties; la 7e vient combler les vides.
Dans la nuit, le bombardement se poursuit avec une extrême violence ; jamais encore on n'avait subi un pareil tir d'anéantissement. Les Allemands attaquent à plusieurs reprises, mais en vain.
Le 10 novembre, à 11 heures, une attaque ennemie en masse force la ligne tenue par les Coloniaux et la 12e compagnie. Le 3e bataillon, ainsi découvert et tourné, se défend avec un acharnement sans pareil. Accablé sous le nombre, il est bientôt disloqué, morcelé, anéanti. Quelques débris seuls rejoindront les lignes. L'ennemi a attaqué en même temps vers Vormezeele et enveloppé plusieurs unités. La 7e compagnie réussit péniblement à échapper à l'étreinte. Une contre-attaque du 158e RI enraye de ce côté la progression des Allemands.
Quand le régiment est relevé par le 158e RI, le 11 au matin, 350 hommes seulement répondent à l'appel.
Le régiment va cantonner à Dieckebusch.
Pertes : tués 127, blessés 108, disparus 773.

Pendant quelques jours, les débris du régiment se reposent à Locre.

17-11-1914 au 16-02-1915
Le régiment faut reprendre la ligne près de Saint-Julien. Le 23 novembre, enfin, le régiment part et va pendant quinze jours se reconstituer à Everdinghe.
C'est ensuite pendant deux mois et demi que le 160e RI tient le secteur de Saint-Julien, se relevant avec le 156e RI, par période de six jours. La position est précaire ; les unités sont à l'étroit contact de l'ennemi qui, muni de grenades, harcèle rudement les lignes. Pas de boyaux de communications ; les liaisons et les corvées sont constamment soumises à un feu meurtrier. La soupe n'arrive souvent pas. Les pertes sont sévères, notamment par balles, mais aussi la fatigue et les gelures diminuent sensiblement les rangs.
Dans ce période le 160e RI reçoit un renfort de 1044 hommes.
Les pertes sont de 27 tués, 94 blessés et 5 disparus.

17-02-1915 au 04-03-1915
Le 160e RI va passer une quinzaine au repos à Herzele, près de la frontière. On se réorganise activement.

04-03-1915 au 05-04-1915
Le 160e RI revient à Vlamerting et le 8 il remonte en ligne, dans le secteur de Zonnebecke, qu'il tiendra en alternant avec le 146e RI. Le régime est toujours pénible et l'artillerie ennemie harcèle plus vivement les lignes. Nombre de soldats tombent dans cette boue affreuse.
Pertes : tués 69, blessés 176, disparus 1.

10-04-1915 au 09-05-1915
Du 10 au 14, le 160e cantonne à Wormoudt ; il a l'honneur, le 12, d'être visité par le Président de la République et le Ministre de la Guerre. Le 20 avril il est amené au front de l'Artois et cantonne à Haute-Avesnes , Frevin-Capelle et Écoivres. Les préparatifs pour une attaque sont poussés minutieusement ; les multiples batteries se sont mises au diapason et vont pendant huit jours accabler les lignes ennemies d'un formidable déluge de fer. Jamais encore on n'avait entendu un pareil grondement ; certainement les ouvrages allemands vont être nivelés ; les défenseurs devront fuir au loin.

09-05-1915 au 17-05-1915
L'attaque est décidée pour le 9 mai, à 10 heures. Le 160e RI sera tout d'abord en réserve, derrière le 156e RI.
L'attaque se déclenche et s'enfonce profondément dans les positions ennemies ; le régiment s'avance entre Acq et Écoivres. Sur la route de La Targette, les barrages allemands de sacs à terre sont éventrés, et les batteries s'élancent délibérément par ces brèches.
le 160e RI est appelé dans la soirée à appuyer le mouvement en avant, le bataillon Lebreton à La Targette, le bataillon Guillo-Lohan à la cote 123. L'ennemi exécute de violents barrages devant ces points importants. Les deux bataillons d'assaut se lancent impétueusement de l'avant, le 10 mai à 14 heures, sous une pluie d'obus. Des mitrailleuses fauchent des rangs entiers.
Dans un élan admirable, les unités atteignent la cote 123 et le chemin de Neuville, et s'installent solidement malgré des contre-attaques désespérées. Le village de
Neuville-Saint-Vaast est le théâtre de sanglants exploits.
Le 11 mai, le régiment se jette sur la cote 140. L'ennemi réagit avec une violence extrême. Il faut, pour l'aborder, parcourir un glacis balayé en tous sens par ses feux ; ses mitrailleuses tissent éperdument leur réseau de mort.
La plupart des officiers sont tombés dans ce terrible assaut. Pendant les deux jours qui suivent, les unités vont s'organiser sur la position conquise, en butte à un tir systématique très meurtrier d'artillerie lourde. Après avoir occupé la position de réserve sous les obus, le régiment retourne à Frevin-Capelle le 17 mai.
Pertes : tués 179, blessés 895, disparus 161

23-05-1915 au 26-06-1915
Dans l'après-midi, attaque de la cote 123 et du carrefour des Cinq-Chemins, les 2e et 3e bataillons en ligne, le 1e bataillon en réserve. L'artillerie ennemie écrase les parallèles de départ ; la première vague s'empare de la première ligne allemande. Mais la situation devient critique : les unités à droite et à gauche du 160e RI n'ont pu déboucher de leur tranchée ; aussi les éléments conquis sont-ils pris d'enfilade de bout en bout par des tirs meurtriers. L'ennemi presse de toutes parts les malheureux assaillants, anéantit les fractions qui s'efforcent d'aller leur porter secours. Ces héros tiendront pendant quatre heures avec une énergie magnifique contre les furieux assauts des Allemands. A la nuit, le colonel fait replier les survivants de cette affaire. Encore deux jours pour fortifier nos lignes, et le 160e RI sort enfin de cette dure tourmente pour aller se reposer à Baudricourt, puis à Izel-les-Hameaux.
Il en repart le 15 juin pour participer à une attaque vers le chemin des Moulins et la cote 105. Il marche en réserve, derrière la 11e division. L'affaire est très ardue ; les unités de ligne se brisent sur des positions formidables.
Enfin, le régiment, pendant dix jours, travaillera activement, fournissant de multiples corvées aux troupes avancées.
Pertes: tués 64, blessés 553, disparus 196

16-07-1915 au 26-08-1915
Le 160e RI est venu se réorganiser en Lorraine, dans la région de Bayon. Travaux de défense sur la rive gauche de la Meurthe et le régiment reçoit des renforts.

26-08-1915 au 08-09-1915
Embarquement pour Vitry-le-François On va bivouaquer dans les bois d'Herpont et à Somme-Bionne jusqu'au 8 septembre, date à laquelle on gagne les abris du ravin de Marson. Il s'agit d'aménager le secteur de Beauséjour (Champagne) en vue de la grande attaque d'automne.

08-09-1915 au 23-09-1915
Le régiment monte en 1e ligne dans le secteur J avec le 1e bataillon. Les 2e et 3e bataillons occupent les 2e et 3e lignes.
Le régiment va tout d'abord, pendant une dizaine de jours, construire ses positions de départ. Lourde tâche, car l'ennemi, qui pressent l'attaque, redouble d'attention.
Toute la nuit ses feux recherchent nos travailleurs, qui creusent en avant des défenses les parallèles avancées.
Après cette lente et rude besogne, le 160e RI va se reposer pendant quatre jours dans les bois de Somme-Bionne, puis, le 23 septembre, vient relever le 156e RI dans le secteur du Fortin et du Fer de Lance.
Pertes: tués 25, blessés 130

25-09-1915 au 30-09-1915
Le 160e RI attaque à 9h15 sur le fortin de Beauséjour. Il atteint d'un seul bond la première ligne allemande. Il allait se ruer sur l'ennemi lorsque, subitement, se révélèrent, à gauche, deux mitrailleuses. Surpris, déconcertés, voyant déjà leurs rangs décimés, les fantassins s'arrêtent, puis refluent précipitamment vers la droite. Le feu des deux mitrailleuses bloque plusieurs sections du 160e RI dans la parallèle de départ.
Ces sections ne peuvent plus déboucher; instant critique et angoissant pour ceux qui s'entassent dans la parallèle, d'où ils peuvent suivre les progrès de notre première vague d'assaut sans pouvoir accourir en renfort.
Deux escadrons du 5e hussards ont reçu l'ordre de se porter à l'attaque de l'ouvrage de la Défaite, et de s'emparer des batteries. Ils établissent une sorte de route sur le terrain terriblement battu par le feu de l'ennemi et 's emparent de la 2e ligne allemande et le fortin de Beauséjour.
Le résultat cherché était obtenu. Le secteur dégagé, les renforts pouvaient se porter en avant. L'ennemi contre-attaque à plusieurs fois. Les combats durent jusqu'au 28 septembre. La mission de la 39e division est encore d'enlever l'Ouvrage de la Défaite.
L'attaque progresse, atteint presque les lisières de Ripont, à près de 4 kilomètres du point de départ.
Mais le régiment, pendant la bataille, est dispersé sur le front. Le 29 septembre les unités du 160e RI se rendre au Fortin en réserve de la division, où ils sont but à un tir de grosse calibre, provoquant l'éboulement des abris. Le régiment reste en alerte la nuit du 29 au 30 septembre dans le Fortin de Beauséjour et le Ravin de Lance de Fer, sans être attaqué par l'ennemi.
Pertes: tués 187, blessés 768, disparus 103

01-10-1915 au 11-10-1915
A partir du 1er octobre, le secteur se stabilise. Le 6, le 160e RI prend part par son feu une attaque de la 153e division, sur l'ouvrage de la Défaite.
Pertes: tués 44, blessés 83

11-10-1915 au 23-12-1915
C'est ensuite l'organisation des positions conquises, Fortin et Fer de Lance, par périodes de ligne et de repos alternées tous les six jours. Les pertes sont assez élevées, car l'ennemi entretient un tir systématique sur les travaux. Le 23 décembre le régiment est relevé par le 418e RI et quitte La Champagne.

23-12-1915 au 20-02-1916
Le 160e RI vient à nouveau dans la région de Lorraine, ou il occupe ses loisirs à l'organisation de travaux de défense. Le 29 janvier, il se rend par étapes près de
Bayon et se prépare à compléter son instruction au camp de Saffais.

20-02-1915 au 29-02-1916
Alerté au matin, le régiment est transporté par voie de fer à Revigny, puis se dirige par étapes sur Verdun.
Le régiment, qui a passé la nuit du 24 au fort La Chaume, se porte dans l'après-midi du 25 sur les pentes de Froideterre. Il a pour mission de s'établir entre le ravin de Louvemont et la ferme de Thiaumont, s'y organiser et tenir à tout prix. A la nuit, les bataillons se dirigent vers leurs emplacements. La marche est très pénible dans ce terrain couvert de neige, coupé d'abatis et de réseaux, sous le tir continuel. A la pointe du jour seulement, le régiment entier se trouve en place, derrière le 85e RI et le 9e Zouaves.
Jusqu'au 28, il creuse avec ardeur ; les hommes ne disposent que d'outils portatifs ; il faut donc une rude somme d'efforts pour s'enfoncer et réduire les pertes dues à l'artillerie ennemie.

29-02-1916 au 02-03-1916
Le régiment relève en ligne le 8e RI au nord des carrières d'Haudromont ; il est encadré à droite par le 146e RI, à gauche par le 127e RI. L'ouragan redouble ; les projectiles énormes arrivent dans un vrombissement continu. Les nuits sont interminables dans leur illumination fatigante de feux et de flammes. Le sol semble exploser de toutes parts.

02-03-1916 au 11-03-1916
En fin de journée, l'ennemi s'élance sur le 146e RI à notre droite. Les mitrailleuses de la compagnie Blasselle lui font subir de flanc des pertes cruelles, ce qui contribue à le rejeter dans ses lignes. En même temps, une attaque en masse se déclenche
sur le front du 1e bataillon. La fusillade et les mitrailleuses crépitent furieusement ; les Allemands hésitent, tournoient, s'abattent, puis refluent en désordre vers leurs tranchées de départ, abandonnant sur le terrain de nombreux cadavres.
Mais le 9 au matin, on s'aperçoit que l'ennemi a poussé une parallèle avancée à moins de 80 mètres de la ligne du 160e RI. En même temps le bombardement redouble ; le ravin de Thiaumont et la route Bras-Douaumont sont soumis à des pilonnages intenses ; l'artillerie de tranchée couvre les deuxièmes lignes de projectiles lacrymogènes.
L'attaque s'annonce terrible. Elle se déclenche à midi, sur tout le front du régiment.
Mais un feu d'enfer couvre les assaillants, brise cette fois encore leur élan, les disperse ; ils s'enfuient éperdument sous les coups. Quelques-uns, un capitaine notamment, qui ont atteint la position du régiment, sont tués ou capturés.
Dans la nuit du 10 au 11 le 160e RI est relevé par le 151e RI.
Pertes: tués 149, blessés 424, disparus 24

11-03-1916 au 07-04-1916
Le régiment vient se reposer près de Saint-Dizier, puis à Robert-l'Espagne ; c'est là que, le 25 mars, la division est passée en revue par le Président de la République, S. A. R. le Prince de Serbie et le général Joffre. Au cours de cette période de repos, des décorations sont remises aux héros de Verdun.

07-04-1916 au 21-04-1916
Le 160e RI est transporté en autobus et débarqué non loin de Blercourt. L'ennemi attaque avec une énergie forcenée sur la rive gauche de la Meuse. Les unités engagées ont déjà perdu quelque terrain : on fait appel à la 78e brigade.
Dans la nuit, le régiment est dirigé de Béthelainville sur Esnes. Le temps presse, les 2e et 3e bataillons sont désignés sur l'heure pour contre-attaquer sur les ouvrages Peyroux et Vassincourt, dont les Allemands se sont emparés la veille au soir. On doit procéder par surprise avant la pointe du jour. Tâche énorme : les bataillons n'auront pas le temps d'être amenés à pied d'œuvre et de prendre leur dispositif de combat. Les unités devront se lancer sur l'ennemi au fur et à mesure de leur arrivée, sur un terrain inconnu, sans cohésion, sans liaison. Il faut donc à tout prix s'opposer à l'ennemi, jeter en travers de sa marche un mur de fusils.
Le 3e bataillon malgré les difficultés du terrain gagne rapidement la ligne dans un effort magnifique, et à 4h30, s'élance en avant. Par erreur les guides l'ont placé derrière un double réseau français non détruit, dans lequel s'empêtrent les compagnies. En outre, à droite, la 11e compagnie tombe brusquement sur une tranchée allemande creusée pendant la nuit entre l'ouvrage Vassincourt et l'ouvrage Peyroux.
La fatigue, la surprise manquée, les pertes, ne permettent pas d'aller plus loin. Égaré par son guide, le 2e bataillon n'a pu arriver à temps pour attaquer.
Le régiment organise le terrain de la cote 304 sous une pluie d'obus.
Pertes: tués 156, blessés 440, disparus 133

21-04-1916 au 03-07-1916
Le 160e RI est relevé par de 68e RI. Le régiment embarqué le 24 avril à Mussey, débarque le lendemain dans l'Oise. Il cantonne jusqu'au 8 mai près de Fontaine-sous-Montdidier et du 9 au 31 mai aux environs d'Aumale. On s'entraine sévèrement. A la fin de mai, le régiment se porte dans la zone d'opérations de la division.
Encore une quinzaine de jours d'exercices, puis l'on prépare le secteur d'attaque, entre Suzanne et Maricourt.
L'offensive se déclenche le 1er juillet, mais le 160e RI, en réserve de corps d'armée, ne prend pas part à la première action.

04-07-1916
Le 160e RI relève le 156e RI entre le bois Sans-Nom et la route Maricourt-Hardecourt, dans les positions conquises, avec mission de s'organiser solidement et de se tenir prêt à poursuivre l'attaque.

08-07-1916 au 11-07-1916
Le régiment doit enlever le village de Hardecourt. La pluie tombe toujours et les hommes continuent à se débattre dans la boue.
A 9 heures et demie on se décolle et on se rue en avant. Le 3e bataillon atteint la lisière sud du village. Le 2e bataillon est pris dès le départ, sous le feu des mitrailleuses du bois
Sabot. En dépit des pertes, la 8e compagnie et la 7e compagnie continuent la progression, bousculant et capturant des groupes ennemis, en forçant d'autres à la retraite.
L'infanterie ennemie n'attend pas longtemps pour réagir. Elle contre-attaque la ligne la plus avancée, tenue par la 10e compagnie. Un corps à corps d'une extrême violence s'engage. L'ennemi, très supérieur en nombre nous fait céder un peu de terrain, mais tout à coup tombe sous les feux des 2e compagnie des mitrailleuses.
Néanmoins, le bombardement ennemi devient intense et les mitrailleuses du bois Sabot sont toujours aux aguets. La prudence recommande d'attendre la nuit pour continuer l'avance. Toute la nuit nos unités manœuvrent avec habileté, s'installent judicieusement.
Le 2e bataillon atteint son objectif et l'organise sans perdre un homme.
Le régiment a donc accompli sa mission. Jusqu'au 11 juillet, organisation du terrain.

25-07-1916 au 11-08-1916
Après un court repos de quelques jours à Bray-sur-Somme le 160e RI revient aux abords d'Hardecourt. Le régiment aménage le terrain en vue d'une attaque qu'il va exécuter sur Maurepas. Le 30, au petit jour, l'attaque se déclenche dans un brouillard intense.
Les 1e et 2e bataillons atteignent rapidement les talus de la voie ferrée dans le ravin à l'ouest de Maurepas, d'où ils doivent partir pour continuer l'attaque.
Mais l'ennemi concentre alors son tir d'artillerie sur le talus occupé par le 1e bataillon. L'infanterie ennemie, elle aussi, pressentant le danger, tire un peu partout. La 1e compagnie est très éprouvée.
A 5 h 45, le mouvement en avant est repris. Malheureusement le brouillard rend difficile la direction ; les liaisons sont rapidement perdues.
Quand le brouillard se lève, à 9 heures, le régiment forme une ligne continue, face à l'ennemi, aux lisières du village. Mais il faut reprendre la préparation d'artillerie et pour cela faire replier l'infanterie, L'ordre de revenir aux tranchées de départ arrive.
Le mouvement est exécuté dans la nuit du 30 au 31, sans éveiller l'attention de l'ennemi.
Le 9 aout le régiment est relevé et part pour un repose en Eu, Normandie jusquáu 9 octobre 1916.
Pertes de Hardecourt et Maurepas: tués 176, blessés 596, 149 disparus + 27 non spécifiées.

09-10-1916 au 14-10-1916
Le régiment quitte la Normandie et vient stationner vers Plachy-Buyon, ou il participe à une prise d'armes de la 39e division ; puis, après un court séjour dans la région de Ploix, il revient le 14 novembre et prend le secteur, le lendemain, à Sailly-Saillisel.

15-11-1916 au 07-12-1916
Cette relève est exceptionnellement pénible causé par la boue. Les sections ont peine à rester constituées dans la nuit obscure. L'ennemi déclenche ses tirs meurtriers ; un bombardement à obus toxiques. Le régiment trouve l'énergie de vivre dans cette pitoyable situation. Ses liaisons s'organisent, il fouille le sol et protège son front par des réseaux. Le 146e RI qui le relève le 22 octobre, peut occuper une tranchée de tir, des éléments de doublement, des esquisses de boyaux.
Une courte semaine de repos dans les baraquements près de Corbie et le régiment revient dans l'enfer de Sailly.
Dans la nuit du 6 au 7 décembre, il est relevé par les bataillons anglais des Coldstream-Guards et des Irish-Guards.
Pertes à Sailly-Saillisel : Le régiment ne donne pas des pertes.

NOTE:

En suivant le parcours de Claude Prevotat, on sait qu'il était un soldat du 64e territorial qui est passé au 160e RI en octobre 1914. On sait aussi, qu'il est décédé comme brancardier de la 21e compagnie du 360e RI, le régiment de réserve du 160e RI.
Mais on ne trouve rien dans les JMO du 160e ou 360e RI de son passage. J'ai fait une analyse des JMO des régiments, divisions sur tous niveaux en vue de la citation du 360e RI qui parle des batailles de Chemin des Dames et la région de Montdidier. Rien des batailles d'Artois, Verdun et Somme.
J'ai trouvé aussi un grand changement personnel dans les divisions en début décembre 1916 et janvier-mars 1917. On a remplacé tous soldats des classes antérieur à 1903 par les plus jeunes classes 1903 au 1916. Surtout les brancardiers divisionnaires et des Corps d'Armées sont remplacés par territoriaux. Les brancardiers classes 1903 et plus jeunes sont envoyés aux bataillons d'instructions pour l'infanterie.
C'est pour ca, que je pense que Claude Prevotat, déjà un territorial pendant la mobilisation, est passé au 360e RI et désigné d'être brancardier. J'ai trouvé le dernier renfort pour le 360e RI le 16 décembre 1916, un renfort pendant le période des changements, mentionné ci-dessus.

Je continue donc le parcours de Claude Prevotat le 16 décembre 1916.


16-12-1916 au 17-03-1917
Le 360e RI fait partie de la 70e Division et le 20e Corps d'Armée. Il occupe les tranchées sud de Moulin-sous-Touvent (ferme de Quennevières). Le secteur était calme et stable depuis une longue période, qui avait permis d'y aménager de sérieux abris. Période de patrouilles et coup des mains. C’est là qu'il se trouvait encore au mois de mars quand se répandit bientôt la nouvelle que les Allemands, évitant une reprise de l'offensive franco-anglaise, allaient abandonner une importante partie de leur front.
Pertes: tués 3, blessés 19

17-03-1917 au 23-03-1917
A la nuit, le mouvement en avant s’exécutait, les derniers occupants abandonnaient les tranchées ennemies et les troupes françaises occupaient la portion de territoire reconquise. Pendant les journées suivantes, progressant avec prudence, conformément aux ordres du commandement, le 360e RI occupait les villages de Lombray, de Besmé, de Camelin où ce qui restait de la population civile lui faisait un accueil enthousiaste.
Le 21 mars, il avait atteint le canal de l'Oise à l'Aisne, obstacle sérieux renforcé encore par un canal d'assèchement et la rivière de l'Ailette.
Pertes: tués 4, blessés 4

23-03-1917
Dans la nuit le génie et les pionniers avaient construit, sur le canal, des passerelles provisoires au bois des Loups à droite, à Arblincourt au centre et à la Puyterloye à gauche, points d’aboutissement des chemins.
Le 4e bataillon et le 6e bataillon étaient chargés d'occuper la rive est du canal, le premier en faisant passer sa gauche par la Puyterloye et sa droite par Arblincourt. Sur la droite, l'opération s’effectua sans grandes difficultés. Sur la gauche, au contraire, la chaussée de Puyterloye était balayée par une mitrailleuse qui en rendait l'accès impossible. On tourna la difficulté en passant par Arblincourt et en s’étendant ensuite vers la gauche. C'est la 14e compagnie qui réalisa ce mouvement. Mais un violent bombardement, au cours duquel tous ses officiers furent mis hors de combat, entrava pendant un certain temps sa marche en avant. La 13e compagnie réussit enfin à réduire la Puyterloye dans la soirée et 1’on put aller de l'avant dans la nuit.
Relevé dans la nuit du 24 au 25 par une autre division, le régiment reprend la poursuite un peu plus à droite, du côté de Villette. C'est le 5e bataillon qui, partant de ce point, aborde la lisière de la basse forêt de Coucy, sous le feu des mitrailleuses ennemies.
La 17e compagnie s'empare de la Maison Forestière, pendant que la 18e compagnie progresse dans la direction de Folembray, soutenue par la 19e compagnie. Après des engagements parfois assez vifs, toute la basse forêt de Coucy tombait en possession du régiment, avec le village de. Petit-Barisis.
Nos lignes arrivaient alors à proximité de la fameuse ligne Hindenburg, organisée sur le massif de Saint-Gobain. La progression ne pouvait se continuer par les seuls efforts de l'infanterie et de l'artillerie de campagne. Le 360e arrête donc et on se mette à organiser défensivement le terrain conquis' jusqu'au 15 avril.
Le 15, ordre fut donné de pousser nos lignes plus en avant. L'opération s'effectua dans la journée, sans résistance de la part de l'ennemi.
Le village de Grand-Barisis fut occupé en entier, ainsi que les fermes de l'Abbaye, de la Foncière et du Crotoir, cette dernière sur le versant ouest du massif. Cette légère progression ne fut suivie d'aucune nouvelle tentative, les opérations engagées du côté de l'Aisne n'ayant pas permis d'atteindre les lisières sud de la forêt de Saint-Gobain. Les travaux d'organisation défensive furent donc repris et poursuivis jusqu'au 8 juin.
Pertes: tués 25, blessés 124, disparus 22.

08-06-1917 au 22-06-1917
Trois semaines de repos pour le 360e RI dans l'Oise.

22-06-1917 au 22-07-1917
La 70e Division s'embarque pour le Chemin-des-Dames, où la lutte est violente. Elle y prend le secteur au nord d'Astel et de Braye-en-Laonnois, le 360e RI placé à l'ouest de la ferme de Froidmont. Ce terrain a été conquis de haute lutte et n'est plus qu'un chaos de terre bouleversée, trouée d'entonnoirs où de place en place subsistent encore quelques fortins bétonnés de ce qui fut la ligne Hindenburg.
Pendant un mois, sous un bombardement incessant, entre des alertes continuelles, le régiment travaille d'arrachepied, creusant des abris, couvrant le terrain de fils de fer, renforçant la position pour la rendre inexpugnable aux retours offensifs possibles de l'ennemi. Quand il la quitte, le 22 juillet, elle est solide.
Pertes: tués 52, blessés 87

29-07-1917 au 12-09-1917
Période d'instructions dans le Camp Villersexel.

12-09-1917 au 28-01-1918
Depuis le 12 septembre, le 360e RI garde les tranchées en Haute-Alsace, face au village Burnhaupt. Le régiment passe ainsi son quatrième hiver. Après un séjour de cinq mois, il est relevé.
Pertes: tués 10, blessés 27

28-01-1918 au 26-02-1918
Le 360e RI est au camp de Darney, dans les Vosges, pour une période d'instruction.

26-02-1918 au 26-03-1918
Le 360e RI se rend à la gare de La Chapelle, près de Bruyères, ou il s'embarque pour le camp de Mourmelon.

26-03-1918 au 30-03-1918
Enlevé précipitamment en camion le 360e RI, vers 16 heures, il est débarqué le lendemain, vers 19 heures, à Méry (Oise). Aussitôt débarqué, le 5e bataillon se porte vers Rollot et plus à l'est pour chercher le contact de l'ennemi. Le 28, à 16 heures, il attaque dans la direction de Piennes-Reimangier et progresse légèrement.
Le 29, à 8 heures, il attaque de nouveau et, à 10 heures malgré le tir très nourri des mitrailleuses ennemies, il a atteint la route du Lundi à Onvillers, son premier objectif. Il est relevé dans la nuit du 29 au 30 par le 6e bataillon.

30-03-1918
Après un bombardement des plus violents, une attaque allemande se déclenche vers 8 heures sur Rollot (Somme) et les emplacements du 6e bataillon. Un bataillon du 319e RI, qui occupait la lisière est du village, se replie vers le sud. Malgré le découvert de sa droite, malgré les attaques répétées des Allemands, le 6e bataillon reste inébranlable sur ses positions jusqu'a 11 heures. Il se replie à ce moment sous la protection du 4e bataillon qui, de ce fait, se trouve placé en première ligne, face aux dernières maisons de Rollot. La compagnie de mitrailleuses de ce bataillon, un moment, cernée par l'ennemi, fut dégagée grâce à deux sections de la 15e compagnie après un sanglant corps à corps. L'ennemi, contenu sur ce point par le 4e bataillon, fut arrêté par le 5e bataillon sur la cote 110, que les Allemands venaient d'occuper.

Les combats de Rollot coutent le régiment 27 tués, 166 blessés et 156 disparus.

Claude Prevotat, mentionné dans le JMO d'être disparu, a resté chez les blessés au poste de secours et tombe dans les mains ennemies.
Il est fait prisonnier et il est transporté à St. Symphorien (Belgique) au Franzosen Kommando nr. 43 (Commando Français 43)


Jour de décès

15/10/1918

Ce jour Claude Prevotat est décédé en captivité au Commando Français 43 à St. Symphorien Belgique, suite d'une maladie pneumonie grippale. Il avait 40 ans


Citations

"Soldat très courageux et animé d'un bel esprit de sacrifice comme brancardier. A toujours accompli son devoir avec mépris du danger, même dans les circonstances les plus difficiles en particulier au Chemin des Dames et dans la région de Montdidier, où il fut fait prisonnier retenu à son poste par les soins à donner au blessés. Est mort en captivité"
Ordre nr. 10 du 360e RI du 06-02-1919


Médailles

Croix de guerre avec étoile de bronze


Inhumation

Transporté le 18 mai 1922
Inhumé au Cimetière communal de Mhère le 24 mai 1922


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

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