Fiche matricule de recrutement

SAUTEREAU Pierre

16/11/1878 - 26/08/1917

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Informations personnelles

Né le 16/11/1878 à Ouroux-en-Morvan

Résidant à Ouroux-en-Morvan

Père : Sautereau Pierre

Mère : Migneau Claudine

Profession : cultivateur

Résidence familiale :


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxchâtains
Yeuxchâtains
Frontordinaire
Nezmoyen
Visageovale
Taille1.68 m
Poids kg

Recrutement

Fiche matricule nr.1730, Bureau de Nevers. Classe de mobilisation 1898

Inscrit sous le nr. 102 de la liste cantonale de Montsauche

Classé dans la 2e partie de la liste en 1898 "Bon"

Dispensé puiné de 7 enfants, l'ainé étant impotent


Détail des services et mutations diverses

14-11-1899
Incorporé au 13e Régiment d'Infanterie. Immatriculé sous le nr. 1217. Soldat 2e classe.

21-09-1900
Soldat 1e classe

22-09-1900
Envoyé dans la disponibilité. Certificat de bonne conduite "Accordé"

A perdu ses droits à la dispense par suite du décès du frère ainé
(art. 25 de la loi du 15 juillet 1889)

10-02-1901
Rappelé à l'activité. Incorporé au 29e Régiment d'Infanterie. Immatriculé sous le nr. 2394
Soldat 1e classe.

13-05-1901
Envoyé dans la disponibilité. Certificat de bonne conduite "Accordé"

28-05-1901
Résident à Mhère, hameau de La Forgeot

01-11-1902
Passé dans la réserve de l'armée active

20-06-1905
Marié avec LONGUEVILLE Marie-Alexandrine, né à Paris -11e le 3 septembre 1884,
domestique à Mhère.

21-08-1905 au 17-09-1905
Période de 1e exercices au 13e Régiment d'Infanterie

15-10-1908 au 28-10-1908
Période de 2e exercices au 13e Régiment d'Infanterie

01-10-1912
Passé dans l'armée territoriale. 64e Régiment d'Infanterie Territorial
Immatriculé sous le nr. 5010

07-08-1914 au 11-11-1914
Rappelé à l'activité par suite de la mobilisation générale. Arrivé au corps le dit jour.
Au reçu de l'ordre de Mobilisation Générale, le 64e Régiment Territorial s'est constitué à trois Bataillons et une Cie Hors-Rang.
Le 3e Bataillon est resté à Nevers, afin d'assurer la sécurité dans la ville ; les 1er et 2e Bataillons, avec l'État-major et la Cie Hors-Rang ont reçu l'ordre de se rendre au Camp retranché de Besançon, où ils sont arrivés le 13 aout 1914. Ils y furent employés aux travaux de défense dans le Secteur Est.

11-11-1914
Le 64e RIT, renforcé d'un Bataillon du 59e RIT, devenait Régiment de Campagne, à trois Bataillons, portant les numéros 1, 2, 4.

04-12-1914 au 14-09-1915
Le régiment était enlevé, par voie ferrée, à destination de l'Aisne, et venait cantonner à Limé et Lesges. — Le 64e RIT fait partie du 18e Corps d'Armée, 69e Division de réserve.
Il y sera employé : soit à des travaux de deuxième et troisième lignes, soit à des travaux de première ligne, soit, enfin, à un service de ravitaillement.
Le 9 décembre, la 8 Cie, cantonnée à la ferme de la Montagne, aura cinq hommes blessés par éclats d'obus. Les premières pertes du régiment.
Les compagnies alterneront entre elles pour assurer les différents services ou services analogues : travaux d'aménagement et gardes des tranchées.
Les travaux exécutés par le 64e sont toujours de même nature : ils consistent en transports de matériaux, en creusement de boyaux, en aménagements de tranchées, confections d'abris qui amènent souvent les territoriaux en première ligne.

14-09-1915 au 24-09-1915
L'État-major du Régiment, la Cie Hors-Rang, les 1e, 2e et 4e Cies, ainsi que le
4e bataillon, quittent leurs emplacements, pour aller occuper, les premières lignes à Chassemy ; la 16e Cie le Sous-secteur D, à la disposition du 306e RI ; les 17e et 18e Cies, le Sous-secteur E, dit de Saint-Audebert, sous les ordres du Commandant du 4e Bataillon du 64e RI ; la 19e Cie le Sous-secteur de Chassemy, sous les ordres du Commandant du 306e RI.
Les autres unités du Régiment restent réparties entre Ribaudon, Moussy, Saint-Thibault, la Chapelle-Saint-Pierre, Bois-des-Boules, Moulin-Brulé, Dhuizel.

24-09-1915
Pierre Sautereau est nommé caporal

25-09-1915 au 18-12-1915
Mêmes emplacements pour le 64e RIT

18-12-1915
Le 64e RIT reçoit les pères de 5 enfants et les veufs pères de 4 enfants appartenant aux corps d'infanterie des 35e et 69e divisions et passe à ces régiments un même nombre d'hommes appartenant aux plus jeunes classes.

19-12-1915
Pierre Sautereau est passé au 254e Régiment d'Infanterie et immatriculé sous le nr. 4673 de suite du règlement du 18-12-1915.

Le 254e RI fait partie de la 69e Division et le 138e Brigade d'Infanterie et occupe jusqu'au avril 1916 le secteur de Soupir, travaillant aux les défenses de secteur.
20-12-1915 au 02-04-1916
Il n'existe pas le JMO du 254e Régiment d'Infanterie. Pour les informations j'ai cherché dans les JMO de la 138e brigade et de la 69e division et ses régiments.

Le régiment continue la mission de la 138e brigade. Travaux d'organisations. Tous les jours les bombardements habituels sur le secteur et les passerelles sur l'Aisne.

02-04-1916 au 09-04-1916
La 138e brigade avec ses régiments sont en réserve d'armée. Le 4 avril la 69e division est mis à la disposition de la IIe Armée et fait mouvement par voie ferrée de St. Hilaire et Cuperly à Givry-en-Argonne et Villers-Dancourt où elle arrive le 5 avril à 2h30.
De là elle fait mouvement à Vaubécourt et Pretz-en-Argonne. Le 9 avril la brigade va cantonner à Vandelicourt et Souhesmes. Le soir les 251e et 254e RI sont alertés et départent à 22h30 pour s'établir en bivouac dans la région de Jouy-en-Argonne.

10-04-1916 au 12-05-1916
Deux bataillons du 254e RI sont mis à la disposition de la 42e division et la 84e brigade. Le 6e bataillon reçoit pour mission de relever dans la première position les troupes de la 84e brigade. Le 5e bataillon va occuper les deuxièmes positions.
Le régiment tient le secteur au Mort-Homme avec 3 compagnies en ligne, de la droite du 151e RI jusqu'à la tranchée en Y près du boyau ; une compagnie en réserve près du P. C. du bataillon ; 2 compagnies dans la tranchée au sud du P. C., enfin 2 compagnies dans le ravin de Chattancourt, contre le boyau 3 et à l'ouest de ce boyau.
Dans la nuit du 13 au 14 avril, le 254e RI est relevé sur la 1e position par le 287e RI dont il prend les emplacements sur la 2e position.
Pertes par bombardements des tranchées: tués 28, blessés 104

12-05-1916 au 11-06-1916
Le 254e RI occupe le village de Cumières. La position est tenue comme suit : 3 compagnies en 1e ligne. Les 19e et 20e compagnies face au Nord entre le bois de Cumières et la voie ferrée Verdun-Sedan ; la 18e compagnie tenant la route allant de la voie ferrée à la Meuse (bac du Champ) La 17e compagnie est en réserve.
Le 6e bataillon prolonge le 5e bataillon avec en 1e ligne les 23e et 21e compagnies.
Le secteur reste calme jusqu'au 20 mai.
Les 21 et 22 mai, l'artillerie ennemie effectue un bombardement des positions par obus
de gros calibre (150, 210, 305). La journée du 23 mai 1916, c'est l'hécatombe finale du 254e RI. A partir de 7 h. 30, bombardement intense de toutes les tranchées de 1e ligne du village de Cumières : les tranchées sont entièrement bouleversées, les caves du village s'effondrent les unes après les autres, ensevelissant la plus- grande partie des occupants.
A partir de 14 heures, le tir de l'artillerie ennemie s'allonge jusqu'à la lisière Sud du village, couvrant la marche de 2 compagnies d'infanterie qui parviennent ainsi à gagner
cette lisière. A leur suite, les vagues d'assaut allemandes franchissent les tranchées que
tenait la 17e compagnie dont le commandant réussit à se dégager et à ramener quelques
hommes, malgré les tirs de barrage ennemis.
Dans la nuit, les héroïques survivants du 254e RI après avoir été relevés par le 267e RI se rassemblent au bois Bouchet et Ippécourt, d'où, le lendemain 25 mai, ils sont ramenés vers l'arrière à Saint-André.
Pertes (seul le 5e bataillon): 280 tués ou blessés, 104 disparus.

11-06-1916
La 138e brigade est réorganisée en brigade de 2 régiments. Le 5e bataillon du 254e RI va compléter le 267e Régiment d'Infanterie et le 6e bataillon complètera le 287e RI et devient le 4e bataillon du 287e RI.

Pierre Sautereau passe au 287e Régiment, 4e bataillon, 15e Cie et est immatriculé sous le nr. 3234.

18-06-1916 au 27-11-1916
Le 287e RI relève dans le sous-secteur du Bois des Buttes (Aisne) Nord de Pontavert, le 246e RI.
Travaux d'organisations du terrain, patrouilles, reconnaissances et, comme d'habitude,
les bombardements par torpilles et minen.
Le régiment, ni les brancardiers, ni le service santé, ne donnent pas des pertes dans ce période

03-12-1916
La 69e division est à nouveau réorganisée ; elle est réduite à trois régiments d'infanterie : 267e, 162e, 150e.
Le 287e RI entre dans la composition de la 165e division (154e, 155e, 287e)

24-12-1916 au 23-01-1917
Le 287e RI relève le 133e RI dans le Bois de la Gruerie, secteur la Harazée, commune de Vienne-le-Château.
Pendant l'occupation du Bois, le secteur est nommé secteur Condé et la zone du 287e RI est partagée en 2 quartiers, nommés Quartier de la Tour d'Auvergne à droite et le Quartier des Pommiers à gauche. Le bataillon de réserve cantonne à La Sapinière, ouest de Vienne le Château.
Là, il travaille sans relâche dans des ruisseaux boueux, sous le feu des minen de gros
calibre, à l'organisation de ces bois qui abritent sournoisement un ennemi disposant de redoutables engins de tranchée, au moyen desquels il bouleverse journellement les ouvrages défensifs.
Le 15 janvier les allemands attaquent quatre petits postes, occupés par la 15 e Cie de Sautereau. Les petites postes sont entourées et enlevées par lance-grenades et liquides enflammées. Cette attaque coute la 15e Cie 12 blessés et 12 disparus.
Le 287e RI est relevé par le 85e RI les jours du 21 au 23 janvier 1917
Pertes dans ce période: tués 3, blessés 26, disparus 12

Par voie de terre, il est dirigé au sud d'Épernay, où la 165e DI doit stationner en vue d'une période d'instruction d'environ quinze jours.

02-02-1917 au 04-04-1917
Le 287e RI s'installe dans les cantonnements de repos ci-après :
E.-M. et 6e bataillon : Mareuil-en-Brie.
4e bataillon : Suizy-le-Franc.
5e bataillon : La Ville-sous-Orbais et Orbais-l'Abbaye, où se trouve le Q. G. de la D. I.

Le régiment participe aux préparatifs de l'offensive prévue pour le printemps 1917. Du
18 au 22 février, les trois bataillons font successivement mouvement pour gagner la zone avant du 32e C. A. Les 4e et 5e vont s'installer dans le camp du bois Nivard, près de Bouvancourt, tandis que le 6e occupe les baraquements de Pévy. Mis à la disposition du colonel commandant le génie du corps d'armée, ils travaillent activement à l'aménagement du terrain au sud de Berry-au-Bac.
Les travaux, exécutés de jour et de nuit, par mauvais temps, imposent aux groupes de dures fatigues. D'autre part, les unités sont logées dans d'inconfortables baraques fréquemment soumises au feu de l'artillerie ennemie. Une trentaine d'hommes sont ainsi tués ou blessés par le bombardement qui a généralement lieu pendant la nuit.

04-04-1917 au 15-04-1917
Le 287e RI reçoit l'ordre de relever, dans le secteur de Cormicy, le 267e RI dont les unités, bousculées et décimées par un coup de main allemand, ont perdu une partie des tranchées de Sapigneul. Les bataillons, faisant mouvement dans les journées des 4, 5 et 6 avril, relèvent les unités du 267e RI dans la nuit du 6 au 7 avril. Le 11 avril, le 287e RI
reprend, en quelques minutes, les tranchées perdues par le 267e RI. Les pertes sont légères.
Dans la nuit de 14 au 15 avril le 287e RI est relevé par des unités correspondantes du 251e RI. Il va se regrouper dans les bois des Grandes-Places où, bivouaquant sous la pluie et dans la boue, il procède aux préparatifs d'assaut. La veillée des armes n'est pas un repos pour les unités extrêmement fatiguées par le séjour en première ligne. Les quelques heures précédant l'attaque sont consacrées aux préparatifs d'assaut : distributions des vivres et munitions d'attaque, mise en état de l'armement, soins d'hygiène, etc.
Pertes: tués 26, blessés 68, disparus 6

16-04-1917
Attaque sur le fortin du Roi de Saxe à la rive droite de l'Aisne, nord du Berry-au-Bac.
L'attaque de la division a lieu par régiments accolés : les 155e et 287e en première ligne, le 154e formant réserve.
Le 287e RI doit s'engager par bataillons successifs dans l'ordre : bataillon VEYSSIÈRE (4e), bataillon JACQUY (5e), bataillon LAMOTTE (6e).
Le bataillon VEYSSIÈRE franchit rapidement, dans le plus grand ordre, les passerelles de l'Aisne et du canal entre Gernicourt et Berry-au-Bac et s'engage dans le sillon des bataillons de première ligne qui mènent l'attaque. Les défenseurs de la "Courtine du Roi de Saxe", qui étaient restés terrés dans les abris souterrains de la première ligne allemande pendant le passage des vagues d'assaut, se sont ressaisis. Ils commencent à mitrailler le bataillon VEYSSIÈRE, lui tuant presque immédiatement les capitaines LEBAIGUE (13e compagnie) et GOURDET (14e compagnie).
Le commandant VEYSSIÈRE fait immédiatement entreprendre la neutralisation de l'ennemi par ses mitrailleuses et son encerclement par des groupes détachés à l'est et à l'ouest. Après trois heures de lutte, l'ennemi hisse un drapeau blanc et plus de 400 Allemands sortent des souterrains.
Le 4e bataillon fait immédiatement reprendre le mouvement en avant, mais il doit
interrompre sa progression à l'extrémité nord-est du Camp-de-César, les régiments de la 69e division étant arrêtés par la résistance des défenseurs de Ferme Mauchamp et du bois des Consuls (deuxième position allemande). Les 5e et 6e bataillons atteignent à leur tour le Camp-de-César et se disposent en arrière du 4e bataillon. Les mouvements du régiment et des unités qui, un peu plus tard, viennent encadrer le 287e RI sont aperçus des observateurs ennemis de la hauteur de Prouvais. Aussi l'artillerie allemande ouvre-t-elle sur le Camp-de-César un effroyable tir de harcèlement qui se prolongera pendant plusieurs jours. Les pertes de la journée sont sévères, surtout pour le 4e bataillon.
Pertes: tués 36, blessés 168, disparus 24

17-04-1917 au 19-05-1917
Les troupes organisent le terrain conquis. Toute nouvelle progression devenant impossible d'autant plus que l'avance des unités voisines, à droite et à gauche, a été moins rapide et que la 165e division se trouve déjà très en flèche.
Les 4e et 5e bataillons sont en ligne sous l'ordre du Cdt du 162e RI et le 6e bataillon est en réserve de division dans les anciennes tranchées allemandes au sud du Camp de César. Les bataillons passent la nuit sous un déluge d'obus.
Le 4e bataillon franchit, à midi, la ligne de combat de la 69e division pour former une ligne nouvelle à 500 mètres plus en avant. Il s'installe solidement sur cette position, malgré les tirs violents de l’artillerie ennemie et le même jour, vers 17 heures, il arrête net par ses feux une vive contre-attaque.
Le 18, vers 6h30, les Allemands renouvèlent, sur le front de Mauchamp-bois des Consuls, une nouvelle contre-attaque d'une vigueur exceptionnelle. Ils sont repoussés grâce à la vigilance et au sang-froid des groupes de combat du 4e bataillon qui, malgré la fumée, contre-attaquant par le feu, fauchent rapidement les vagues d'assaut adverses et les obligent à s'enfuir dans le plus grand désordre.
Les troupes s'occupent les jours à améliorer les tranchées et l'organisation défensive du terrain conquis. Chaque jour sous un bombardement d'artillerie ennemie.
Le 18 et 19 mai le régiment est relevé par unités de la 40e division.
Pertes dans ce période: tués 58, blessés 828, disparus 16
Note: Après l'attaque sur la Courtine du Roi de Saxe et pendant les combats Pierre Sautereau est nommé sergent le 24 avril 1917.

20-05-1917 au 03-06-1917
Le 287e RI cantonne à Bouvancourt. Repos et nettoyage pour tout le régiment

03-06-1917 au 11-06-1917
Le régiment est embarqué en auto-camions et fait mouvement à l'est. Il gagne le 11 juin le Camp St. Ouen où il cantonne dans les baraques de camp A.

13-06-1917 au 04-07-1917
Commencement d'un période d'instruction. Instructions de tir et de lancement grenades. Manœuvres pour le régiment et pour les cadres de la division.
Le 24 juin revue de la 165e division passée par le général commandant de 5e Armée et le général commandant de la 32e Corps d'Armée.
Remise de la Croix de Guerre au drapeau du 287e RI suite les combats le 16 avril 1917 de la Courtine du Roi de Saxe.

04-07-1917 et 05-07-1917
Mouvement du régiment par voie de terre et voie de fer. Débarquement aux gares de Dugny et Landricourt. Le régiment se rendre à Verdun (Faubourg Pavé) et le 4e bataillon se rendre au Camp de la Bouvière, 4 km est de Verdun.

07-07-1917 au 18-08-1917
Le 287e RI occupe le secteur de Thiaumont qui s'étend de Douaumont, à l'est, à Louvemont, à l'ouest. Après un séjour de trois semaines dans ce secteur effroyablement bombardé par l'artillerie adverse qui fait un large usage des obus toxiques, le régiment est replié dans les environs de Bar-le-Duc pour une période d'instruction relative à l'attaque que la 165e division doit exécuter devant Beaumont.
Le mouvement a lieu, par convois automobiles, les 30 et 31 juillet. L'état-major du régiment et le 4e bataillon vont cantonner à Varney, sur les bords de l'Ornain. Les 5e et 6e bataillons s'installent dans les localités voisines. La période de repos se prolonge jusqu'au 16 aout. Successivement, dans les journées des 16, 17 et 18 aout, l'état-major et les bataillons sont transportés à Verdun en camions autos.

17-08-1917 au 20-08-1917
Le 4e bataillon du 287e RI ainsi que l'État-major montent en secteur. Ce bataillon relève un bataillon du 150e RI et tient à lui seul tout le secteur d'attaque du régiment. Relèves excessivement longue et pénible par suite du bombardement ennemi par obus toxiques.
Le commandant du 287e RI prend le 18 aout à 8 heures le commandement en secteur, qui est situé au nord des Carrières d'Haudromont. Le 4e bataillon tient la gauche du secteur, le 6e bataillon tient la droite. Toujours grande activité d'artillerie de part et d'autre
Pertes pendant monter en secteur: tués 9, blessés 129, disparus 4.

Voir carte avec dispositif d'attaque du 20 aout 1917 avec les limites est et ouest de zone d'attaque du 287e RI et les objectifs à gagner pour ce jour.

20-08-1917
Jour d'attaque (J). L'heure d'attaque est fixée pour 4h40
4h40 les vagues d'assaut se portent en avant, suivant le plan d'engagement et le régiment atteint tous ses objectifs. Il fait 324 prisonniers dont 9 officiers et prend 12 mitrailleuses.
En cours de l'enlèvement des lignes allemandes, des combats acharnés ont lieu pour faire tomber des ilots de résistance. Tous ces ilots munis de mitrailleuses sont attaqués et manœuvrés à la grenade.
L'ouvrage du Coran, la tranchée de Mahomet sont également conquis de vive force par le 4e bataillon à la suite de violents combats à la grenade. La liaison est établie à l'ouest avec le 155e RI et à l'est avec le 8e BCP.
Aussitôt le terrain conquis, il est procédé à son organisation.
Pertes: tués 58, blessés 233, disparus 40

21-08-1917 au 26-08-1917
Le régiment reste en place sur le terrain conquis. Continuation des travaux d'organisation
Suites de pertes en officiers, le DD envoie des renforts de 7 officiers et 76 hommes de troupe. L'artillerie ennemie semble renforcée, est très active et bouleverse les organisations aux furs et à mesure qu'elles se construisent. L'ennemi réagit vigoureusement par d'incessants bombardements, dont un grand nombre à obus
toxiques. Les pertes deviennent rapidement lourdes. Plus de la moitié de l'effectif des unités est mis hors de combat. Les cadres sont particulièrement éprouvés. Le 4e bataillon perd 12 officiers, dont 9 tués.
Le régiment devant attaquer à nouveau.


Jour de décès

26/08/1917

Le régiment, encadré comme à l'attaque du 20 aout, doit s'engager de la manière suivante : En première ligne : 5e et 6e bataillons ; En seconde ligne : 4e bataillon.
L'attaque sur Beaumont, déclenchée à 4h45, est encore plus dure que celle du 20 aout.
Les 5e et 6e bataillons ne peuvent déboucher de leur base de départ.
Le 4e bataillon qui, après avoir opéré le nettoyage des abris de Beaumont et de la Sortelle, doit progresser derrière les vagues d'assaut des 5e et 6e bataillons, s'élance à l'assaut dans le brouillard sans avoir pu se rendre compte dans quelles conditions s'était effectué le départ des vagues d'assaut des bataillons de tête.
La 13e compagnie suivie de la 15e compagnie de Pierre Sautereau, s'engage dans le ravin de la Sortelle, ses dispositions étant prises pour la fouille des abris.
Mais, à 150 mètres environ de son point de départ, elle se heurte à des groupes adverses qui accueillent ses premiers éléments à coups de grenades et par des feux de mitrailleuses. Les assaillants, s'imaginant couverts par les vagues des deux autres bataillons du régiment, sont d'abord décontenancés par cette brusque rencontre de l'ennemi. Mais ils se ressaisissent rapidement et ripostent.
Confiants dans le succès des bataillons qui doivent les précéder, non seulement ils font tête aux Allemands, mais ils les attaquent avec une résolution et une audace admirables.
D'autre part, sans ordre, sur l'initiative du sous-lieutenant DENEF, la 15e compagnie déboite à droite et cherche à gagner du terrain. Après un sanglant corps à corps, elle repousse l'adversaire et, vers 5 h.30, atteint le sommet de la croupe du bois de Beaumont.
Elle est bientôt rejointe par la 13e compagnie qui, progressant pied à pied en faisant des prisonniers, a mis en déroute les groupes ennemis du ravin de la Sortelle.
Cette lutte inattendue, engagée dans le brouillard contre un ennemi sur la défensive abordé à l'improviste en raison de la mission des unités, a causé des pertes douloureuses aux assaillants. Les deux valeureuses compagnies sont réduites à moins de cinquante combattants chacune. Les courageux lieutenants LONGHAIS et MONTAGNÉ ont été tués. L'intrépide sous-lieutenant MENU est blessé. La plupart des gradés ont disparu, tués ou blessés.
Cependant, à 8 h.20, les coureurs partis à la découverte de la 14e compagnie rentrent et font connaitre que les 5e et 6e bataillons n'ayant pu progresser, la compagnie a dû rester dans sa base de départ. Il apparait maintenant très nettement que, par suite de l'échec des 5e et 6e bataillons, les débris des 13e et 15e compagnies, isolées à Beaumont, sont dans une situation critique.
Pertes dans l'attaque sur Beaumont: tués 57, blessés 212, disparus 21



Attaque du 26-08 sur Beaumont. Les 15e et 13e Cie atteignent la lisière nord-est de Beaumont, complètement isolé parce que les 5e et 6e bataillons sont restés dans leur tranchée de départ.

Pierre Sautereau est blessé dans cette attaque et évacué. Son nom figure dans le JMO du 287e RI comme blessé.
Mais pendant son évacuation il est disparu. Atteint par un obus ? On ne sait jamais. Aucun brancardier est tué ou disparu le 26 aout 1917.
Il est affecté au Dépôt Divisionnaire le dit jour. Considéré comme disparu et rayé des contrôles. Disparu le 26-08-1917 à Beaumont (Meuse) Avis nr. 4767 du 06-01-1918.

Le décès de Pierre Sautereau est déclaré par jugement du Tribunal de Clamecy le 30 avril 1917 et le jugement est transcrit le 22 mai 1920 à Mhère.

Pierre Sautereau est décédé à l'âge de 38 ans à Beaumont-en-Verdunois. (Meuse)


Citations

"Sur le front depuis le début de la guerre a assisté aux combats à Verdun. Belle attitude au feu le 18 avril 1917"
Cité ordre du régiment V:55 du 7 juin 1917

"Sous-officier énergique et brave, ayant toujours donné l'exemple du devoir. Tombé glorieusement au champ d'honneur, le 26 aout 1917, à Beaumont, en se portant courageusement à l'attaque des positions ennemies."
(J.O. du 5 juin 1923)


Médailles

Croix de Guerre avec étoile d'argent.


Inhumation

Inconnu.


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

- archives SHDGR GR 26 N 739 006 0076 T
- archives SHDGR GR 26 N 739 006 0081 T

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