Fiche matricule de recrutement

DAVINROY (Léger) Adrien

13/08/1892 - 25/09/1915

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Informations personnelles

Né le 13/08/1892 à Mhère

Résidant à Bonneuil, 14 Cour de l’Orme

Père : Alfred Alexandre Davinroy

Mère : Léonarda Jolly

Profession :

Résidence familiale :


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxchâtains
Yeuxgris
Frontbombé
Nezrectiligne
Visageteint clair
Taille1.58 m
Poids kg

Recrutement

Nr. d’immatriculation 3380, Paris, 3e bureau. Classe 1912

Inscrit sous le nr. 85 de la liste du canton de St. Maur

Classé dans la 1e partie de la liste en 1913 (Bon)


Détail des services et mutations diverses

09-10-1913
Incorporé dans le 25e Bataillon Chasseurs à Pied. Arrivé au corps le dit jour et soldat 2e classe. Matriculé sous le nr. 2830

30-07-1914
Le 25e BCP, en garnison à Saint-Mihiel, reçoit à 23h30 l'ordre de départ en couverture. Trois heures plus tard, le premier échelon se mettait en route. Il prenait position à Thiaucourt.

31-07-1914 au 16-08-1914
Le bataillon reste là en couverture Il n'a pas à subir d'attaque sérieuse,
mais seulement à arrêter de continuelles patrouilles et reconnaissances ennemies. Un régiment de cavalerie de la Garde saxonne est à peu près anéanti en détail dans cette période, tués, blessés ou prisonniers. Un avion ennemi est abattu.

17-08-1914 au 25-08-1914
Le bataillon est relevé et se porte vers Beuveille/Doncourt pour prendre part à l'offensive générale des armées françaises. Il est engagé le 22 aout à Pierrepont, près de Longuyon. Là comme partout, on se heurte à des forces supérieures et on doit se replier. Le surlendemain 24, une nouvelle attaque est ordonnée à Rouvruis-sur-Othain pour couvrir la retraite du 6e Corps d'Armée: la lutte est acharnée au Bois Deffoy et la violence du feu de l'ennemi empêche de relever beaucoup de blessés. L'ordre arrive enfin de battre en retraite, la mission étant remplie.
Pertes ces jours :
10 officiers et 400 gradés et chasseurs. Malheureusement un assez grand nombre de blessés dut être laissé sur le terrain à cause de violence du feu de l’ennemi.

26-08-1914
Le bataillon passe sur la rive gauche de la Meuse et cantonne à Cumières ou il reçoit les premiers renforts d’environ 400 hommes venant du dépôt d’Epernay.

07-09-1914 au 10-09-1914
La retraite continue par des combats d'arrière-garde d'abord près de Montfaucon, puis à Souilly-Saint-André, jusqu'à la Vaux-Marie, le bataillon occupe la ferme et la gare de la Vaux-Marie. Pendant trois jours,
du 7 au 10 septembre, sous un violent bombardement d’artillerie ennemie, il se cramponne à ses positions, en dépit des efforts désespérés de l'ennemi. La ferme est perdue dans la nuit du 9 au 10.
Pertes:7 officiers, 150 gradés ou chasseurs.

Le bataillon se porte à Maucon, 12 km Nord de Verdun et reste là comme avant poste.

20-09-1914 au 28-09-1914
L'ennemi reprend après la bataille de la Marne à son tour l'offensive et cherche à déborder par les ailes en Picardie et vers Saint-Mihiel. Une attaque brutale lancée sur cette ville rend tout à coup la situation critique. Le 25e BCP est appelé en renfort. Le 21, ramené à Belrupt, près de Verdun. Le bataillon est porté ensuite à Spada, où il reçoit le 22 septembre l'ordre de reprendre Senonville et le Bois du Gilawnont. Les combats à la baïonnette dans le taillis, par lesquels fut brisée la ruée boche, sont restés légendaires au bataillon. Après des alternatives
de succès et d'échecs partiels, il fallut se replier légèrement, le 26 à Spada el à la Côte 269 et le 28 à Rouvrois-sur-Meuse où se fixait définitivement la défense.
Pertes: 2 officiers;
200 gradés et chasseurs.

28-09-1914 au 21-03-1915
Le 25e BCP reste dans le secteur Rouvrois-sur-Meuse. La guerre de tranchées et la vie de secteur a commencé.
L'ennemi lance à plusieurs reprises des reconnaissances offensives, cependant que le bataillon creuse ses premières tranchées.
Les 16 et 17 novembre, en liaison avec une attaque générale sur Saint-Mihiel, il a pour objectifs la Côte 322 (3 kil. nord de Saint-Mihiel), puis la Côte Sainte-Marie. Le combat est très dur. On n'obtient au total aucun résultat.
Pertes: 4 officiers et 150 gradés et chasseurs.
Et la vie de secteur recommence, avec d'incessantes rencontres de patrouilles et de violents bombardements.

21-03-1915
Le 25e BCP quitte Rouvrois pour Troyon et Ginicourt et va cantonner à Rupt-en-Woëvre, s'entrainant à des exercices d'attaques pendant que les officiers font des reconnaissances.

26-03-1915
L'ordre arrive de se porter de nuit en première ligne et d'enlever la crête qui sépare le Longeau supérieur de la Woëvre. Le bombardement est violent, et la contrepréparation très meurtrière surtout par les torpilles.

27-03-1915
À 18 heures l’attaque commence et deux compagnies (2e et 3e), s'élancent en liaison avec le 54e RI. Aussitôt les mitrailleuses ennemies de la crête, que la préparation d'artillerie a laissées intactes, fauchent la première vague. Officiers et gradés enlèvent encore leurs hommes, ils tombent à leur tour tués ou blessés; la deuxième vague est clouée sur place. Seule une section de la 2e compagnie arrive à l'objectif: elle ne compte plus que 7 chasseurs. Mais 20 Allemands sont étendus morts autour d'elle. Elle ne peut se maintenir et en fin d'attaque l'avance faite est insignifiante.
Pertes: 10 officiers et 257 chasseurs.

8 jours de repos à Dieue pour le 25e BCP

07-04-1915 au 10-04-1915
le bataillon est ramené pour une nouvelle attaque. L'ordre reçu d'abord de monter en ligne dans la journée ne peut être exécuté en raison du barrage d'artillerie aussitôt déclenché par l'ennemi: de nombreux blessés moururent enlisés dans la boue, dans cette boue légendaire des Éparges qui, profonde d'un mètre par endroits, avançait dans les boyaux abrupts comme une coulée de lave en charriant des cadavres.
Le 8 avril, à 9 heures, le signal est donné. Malgré les obus et les mitrailleuses, sur ce sol bouleversé et détrempé, d'un seul bond la crête est atteinte et largement dépassée. Toute la garnison des tranchées boches est tuée jusqu'au dernier homme. Une violente contre-attaque est rejetée dans la nuit. Le 9 avril, à 15 heures, une nouvelle attaque à la baïonnette permet le 25e BCP d'atteindre la crête militaire. Le succès est complet, et l'ennemi ne réagit que par un bombardement d'une violence extrême qui continue le 10, et sous lequel il faut organiser la position et refaire inlassablement les tranchées toujours comblées.
Le 10 au soir, le bataillon était relevé. Pendant ces quatre journées, il avait perdu 9 officiers et 465 chasseurs. Les survivants étaient restés tout ce temps sans vivres ni boisson.

5 jours de repos pour le 25e BCP

17-04-1915 au 21-04-1915
le 25e BCP va une dernière fois tenir ce secteur qu'il a conquis. Aucune attaque ennemie ne se produit; seul le bombardement reste toujours aussi violent.
Le 18 avril Davinroy est blessé par balle à la main gauche.
Pertes : tués 30, blessés 60, disparus 2

25-04-1915 au 09-05-1915
Assistance par le 25e BCP à la Tranchée de Calonne à la route de Mouilly-Rimy que le bataillon est appelé à l'improviste à contre-attaquer l'ennemi qui a bousculé les premières lignes des 67e et 301e R. I. Il arrive dans la nuit noire, sous bois; dans un ouragan d'obus et de balles. Les renforts de la classe 1915 reçus le 19 et 23 avril, reçoivent le baptême du feu. Leur conduite est splendide. Malgré tous les efforts, le 26 au matin, l'ennemi progresse, il arrive à notre seconde ligne où déjà se sent quelque flottement. Une fusillade insensée et mal ajustée achève la confusion. On repart à l'attaque et on regagne 300 mètres du terrain perdu. Le 27, le bataillon avance encore un peu. Le 29, nouvelle attaque à 17 heures et nouveau bond léger en avant. Puis, jusqu'au 5 mai on continue de s'organiser sur place, sans réaction ennemie autre que les bombardements. Le 5 mai à 10 heures, après un bombardement violent qui dura huit heures, l'ennemi attaque sur tout le front. Par trois fois le 25e BCP repousse l'assaut, mais à sa droite, la ligne ayant cédé, il reçoit des coups de feu à revers. À midi, il est presque cerné, les pertes sont lourdes, la situation devient critique, lorsque apparaissent trois compagnies marocaines dont l'élan furieux rétablit la ligne.
Après quatre jours encore de bombardement et de durs travaux, le bataillon est enfin relevé
Pertes dans ces jours :
Tués 96, blessés 322, disparus 50

09-05-1915 au 23-05-1915
Repos à Dieue.
Le 10 mai le bataillon reçoit un renfort de 317 hommes. Le 14 un renfort de 5 sous officiers et 110 chasseurs. Reprise d’instruction

23-05-1915 au 09-07-1915
Le 25e BCP occupe pendant vingt-cinq jours le secteur de Rougières très
calme. Le bataillon quitte la 40e Division d’Infanterie pour faire partie de la nouvelle 127e DI, composée d'une Brigade bleue (19e, 25e, 26e et 29e BCP et d'une Brigade d'infanterie (171e et 172e RI)
Une attaque allemande ayant enlevé au 51e RI: le 26 juin la ligne des tranchées de crête à l'éperon 342, dit éperon des mitrailleurs, à l'ouest des Éparges, une attaque est ordonnée pour le 29 juin, par le 19e BCP, soutenu par le 25e BCP pour la reprendre. Elle doit se faire par surprise, sans préparation d'artillerie. Mais les troupes montent en ligne de jour, sont repérées, et lorsqu'à 11heures elles veulent déboucher, elles sont arrêtées par un effroyable barrage.
Le 26e BCP reçoit l'ordre de recommencer l'attaque et de reprendre le 6 juillet la crête de l'éperon des mitrailleurs. Après un quart d'heure de préparation d'artillerie très précise, la 1e et la 2 e compagnie s'élancent alignées comme à la parade et reprennent d'un bond toute la crête. L'ennemi dirige aussitôt un bombardement terrible sur la position; à midi il lance une violente contre-attaque qui est rejetée; une deuxième à 22 heures, une troisième le lendemain soir pendant la relève, sont également repoussées, et la crête reste en nos mains. Malheureusement les 150 et les 210 en martelant nos tranchées nous avaient causé beaucoup de pertes:

9 officiers, 210 gradés et chasseurs.

09-07-1915 au 02-09-1915
Le 25e BCP quitte le secteur d’Éparges. Le bataillon y laissait plus de 1500 officiers et chasseurs tués, blessés ou disparus en trois mois et demi.
le bataillon reste au repos à Neuville-en-Verdanois (9 km sud de Souilly), partageant son temps entre l'instruction et les travaux de défense éloignés.

02-09-1915 au 20-09-1915
Du 2 au 7 septembre, par étapes de nuit, le bataillon est dirigé sur la Champagne où se prépare une grande offensive. Il arrive ainsi à Coupelz (15 km sud de Châlons), où il reste encore quinze jours à l'instruction. Il en repart le 20 pour Souain

25-09-1915
À 9 h15, après un bombardement de 70 heures, le signal de l'attaque
est donné. Le bataillon est en deuxième ligne, en tête du 6e corps d'armée, il suit la division coloniale dont l'objectif est la Ferme Navarin et ensuite Sornme-Py. Le temps est gris et le brouillard ne tarde pas à
se changer en pluie. L'attaque marche d'abord normalement: la première position est enlevée, mais on tombe sur les réseaux de contrepente de la deuxième position que notre artillerie n'a pas vus ni détruits. De plus, le Général Marchand, ses deux brigadiers et beaucoup d'officiers sont
mis hors de combat, les coloniaux sont arrêtés. Le soir, le bataillon, qui a suivi leur progression pas à pas, reçoit l'ordre de continuer l'attaque de nuit. Pour se placer face à son objectif, il appuie fortement à gauche et passe la nuit en position d'attente au sud de Navarin.
Mais l'ordre d'attaque n'arriva pas, le porteur ayant été tué en chemin.
Et l'attente se prolonge le 26, jusqu'à 15 heures, sous un bombardement meurtrier.
Pertes : 4 tués, 59 blessés, disparus 17

13h55 – Le bataillon retrouvé reçoit l’ordre de se porter sur le bois U21 U22 de façon à attaquer à gauche du 29e BCP établi à U24 dans la direction de la tranchée des Satyres (Ouest Butte de Souain).
Le 25e BCP part en colonne de bataillon, direction corne Sud-ouest de C2, puis se redresse face au N-E et monte en suivant le vallonnement sur U21. Il subit en quittant C2 des pertes sensibles par le canon et des feux nourris d’Infanterie venant de P15, P16 et U2.
16h30 – 3 Cies sont à U22 (lisière N) les autres suivent très lentement. La liaison est établie avec le 29e BCP à droite et la 254 Brigade à gauche.
Le Chef de Bataillon demande instamment l’appui de l’artillerie s’il doit traverser la clairière entre U22 et U4.
Les choses en restent là, le bataillon tout entier se masse dans U21 et U22 où il creuse des tranchées pour se mettre à l’abri du bombardement et bivouaque. »

« Pertes dans la journée :
Tués 9, blessés 105, disparus 7
Un des disparus, Adrien Davinroy, qui est tué ce jour à l’âge de 23 ans. »


Jour de décès

25/09/1915

Source J.M.O. :
« Dans la nuit du 25 au 26 septembre la situation se rétablit. Le secteur de la ferme de Navarin est laissé à la 254e Brigade déjà engagée et qui a des éléments au contact au Nord de V18.
La 253e Brigade sera remmenée vers l’Est à l’aurore et aura pour mission de sectionner à la base une hernie de la ligne allemande qui s’est maintenue dans le grand bois du Cameroun. 25e et 29e BCP en tête de la Brigade. Objectif : Bois C7, C8, C9, C10, D20, D28 etc. vers le Nord-est.
Heure de l’attaque : 5 heures
Attaque par surprise au petit jour sans préparation d’artillerie. A gauche le 254e RI attaque à la même heure sur Navarin. Cet ordre transmis aux corps vers 24h le 25/9 n’a pas touché le 25e BCP. L’agent de liaison a été tué en route.
Conséquence : le bataillon reste pendant toute la matinée du 26 jusqu'à 12 h, à son emplacement entre V18 et la tranchée des Gretchen sous un bombardement sérieux. La Brigade, ayant transporté son P.C. du bois C3
au boyau de l’Archiduchesse, vers C8 toute relation entre le bataillon et la Brigade sont interrompues et réciproquement. Ce n’est qu’a 12 heures que l’agent de liaison du bataillon à la Brigade, retrouve le bataillon. (…..)


Citations

Néant


Médailles

Médaille Militaire à titre posthume par décret du 20-06-1930


Inhumation

Pas trouvé.
Probablement à la Nécropole nationale « La Crouée » à Souain-Perthes-les-Hurlus (51) dans la fosse commune avec plus de 20.000 corps non identifié.


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

- Archives SHDGR GR 26 N 547 008 0012 T
- Contribution photo: Alain GIROD (22/09/2015)

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