Fiche matricule de recrutement

GRILLOT Etienne Joseph

20/08/1892 - 23/10/1917

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Informations personnelles

Né le 20/08/1892 à Mhère

Résidant à Mhère

Père : Grillot Louis

Mère : Madeleine Petit

Profession :

Résidence familiale : Mhère


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxbruns
YeuxGris-bleu
Frontdécouvert
Nezpetit
Visageovale
Taille1.66

Recrutement

Fiche matricule nr. 981, Bureau de Cosne. Classe de mobilisation 1912

Inscrit sous le nr. 38 de la liste cantonale de Corbigny

Classé dans la 1e partie de la liste en 1913. « Bon »


Détail des services et mutations diverses

09-10-1913
Incorporé au 27e Régiment d’Infanterie. Arrivé au corps le dit jour. Soldat 2e classe.

05-08-1914
Le 27e Régiment d’Infanterie quitte la caserne à Dijon et embarque à la gare de Dijon-Ville. Les trois bataillons s'embarquent successivement à 10 heures, midi et 14 heures.

06-08-1914 au 10-08-1914
Le Régiment débarque à Charmes (Vosges) le 6 au matin et occupe successivement les cantonnements de Loromontzey, Saint-Germain (6, 7, 8 aout) et Villacourt (9 aout). Il est dirigé ensuite sur Laronxe (10 aout), sur Thiebaumesnil et Emberménil, où il
prend les avant-postes avec un détachement de dragons.

10-08-1914 au 16-08-1914
Après avoir séjourné les 12 et 13 à Fraimbois, le 27e RI participe à l'offensive de Lorraine, sur Sarrebourg. Il arrive le 14 à Herbevillers. Le 16 au matin, à Hablutz, il reçoit l'ordre de se porter en avant-garde de la 13e division, vers le village de Saint-Georges qu'il doit occuper. Le 3e bataillon est laissé vers la ferme Haussonville,
surveillant les débouchés de la forêt de Réchicourt.
A un kilomètre environ de Saint-Georges des coups de feu partent des lisières de cette localité. La 1e Cie se porte en formation de combat sur le village. A ce moment, l'ennemi ouvre sur le 27e RI un feu d'artillerie parfaitement réglé. Les bataillons reçoivent l'ordre de tenir Saint-Georges et ses abords et de s'y organiser. Il est 7 heures 3o. L'ennemi augmente alors l'intensité de son tir d'artillerie qui atteint une grande violence. Les obus de gros calibre balaient les crêtes, fouillent les bas-fonds et les cheminements
avec une précision remarquable. A 17 heures 45 seulement, le tir ennemi s'arrête.
Pertes : tués 7, blesses 71, disparus 2

17-08-1914 au 19-08-1914
Le 27e RI continue à suivre l'ennemi qui se replie vers le Nord-est, dans la direction de Sarrebourg. Le 18, le 27e RI est à Hertzing et le 19 au soir, en réserve de division à
Hesse et Schneckenbusch. Ce même jour, vers 20h30, la 15e Division reçoit l'ordre de
départ pour une marche de nuit sur Haut-Clocher.

20-08-1914
À 3 heures le 27e RI reçoit l’ordre de se porter par le Bergwald sur Dolving, puis de prendre comme objectif ultérieur les ponts de Sarraltroff et Oberstinzel. Il se porte à l’attaque à 3h30, 3e bataillon en tête, 2e bataillon en arrière et 1a droite, 1e bataillon en arrière et à gauche. Le 3e Btn tient Dolving à 4h30 et s’oriente vers Oberstinzel, criblé de tous cotés de projectiles qui lui occasionnent des pertes sérieuses.
Le 2e Btn se porte en arrière de la croupe Dolving 511, puis s’oriente sur le Sarrewald et Sarraltroff. Après une vive fusillade, il attaque à la baïonnette les lisières du Sarrewald et pénètre dans le bois y poursuivant l’ennemi. Le 3e Btn poursuit l’attaque sur le Kuschwanz, tandis que 1e Btn franchit la croupe Dolving 511 et se jette dans le Sarrewald.



Le régiment est accueilli sur tout le front par une vive fusillade et un feu d’artillerie des plus violents et vient se heurter à une position formidablement défendue. Devant l’impossibilité de déboucher des bois, le régiment se replie vers Haut-Clocher, puis sur les bois de Rinting, Bebing et Heming, en différents groupes. La 4e Cie protège la retraite.
Vers 17h30, le régiment est en partie reconstitué à Gondrexange.
Les pertes de la journée : tués 15, blessés 287, disparus 316

25-08-1914
Tout le régiment marche par de Bois de Hayes et la lisière est du Bois de Lalau sur Roselières où le 134e RI a été tenu en échec. Le 2e Btn attaque Roselières. Une troupe d’assaut constituée par les 8e et 7e Cies se lance à la baïonnette et refoule les tirailleurs ennemis jusqu’au village. Le 1e Btn envoie 2 Cies occuper St. Boingt et avec les autres appuie le mouvement du 2e Btn. Le 3e Btn se déploie à droite du 2e Btn. La 10e Cie est laissée entre les bois de Hayes et de Lalau pour surveiller les mouvements de la cavalerie ennemie. Les 3 autres s’engagent face au Mamelon 308. Les unités sont arrêtées par un feu violant d’artillerie. Le 3e Btn se replie sur la lisière est du bois Lalau, où se trouve déjà le 1e Btn moins la 3e Cie, maintenue à St. Boingt.
Pertes : tués 15, blessés 125, disparus 90.

26-08-1914 au 13-09-1914
Mouvements offensives dans la région de Séranville et le bois Mare des Vaches. Les unités sont bombardées et attaqués par l’ennemi. Construction des tranchées et lignes de défense. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, l'ennemi quitte la rive droite de la Mortagne et bat en retraite. Le 27e le poursuit jusqu'à la Vezouze. Les Mortagne et Meurthe sont traversées et le régiment arrive à Villacourt où il cantonne.
Pertes dans ce période : tués 27, blessés 151, disparus 11

14-09-1914 au 28-09-1914
Le 8e corps d'armée est retiré de sa position pour coopérer à la bataille générale et envoyé sur le front de Verdun. Le 27e RI reçoit l'ordre d'embarquer à Châtel-Nomexy.
Il débarque à Lérouville et à Saint-Mihiel, le 16, et gagne d'abord les Hauts-de-Meuse vers la trouée de Spada et Saint-Mihiel.
Le 23, à 8 heures du matin, le 27e RI quitte Gizaucourt pour se rendre dans la région de Pierrefite. Il ne parvient au cantonnement que le 24, vers 1 heure du matin, ayant parcouru plus de 50 kilomètres.
L'ordre de départ immédiatement sur le front Dombasle en Argonne pour être mis à la disposition de l’armée de Verdun, parvient trois heures après l'arrivée au cantonnement. La marche reprend, lente, difficile. On fait 2 kilomètres à l'heure, mais l'on n'entend aucune plainte. Le Régiment parvient enfin à destination à 19 heures, ayant fait 90 kilomètres en 35 heures. Dès l'arrivée, chacun se met au travail pour renforcer la position.

28-09-1914 au 05-10-1914
La 30e Brigade est mise à la disposition du 6e Corps d'Armée. Le 27e RI vient s'installer défensivement devant Vaux-les-Palmeix, dans le secteur Bois Bouchot-Bois des Chevaliers, couvrant le fort de Troyon. 3 Cies sont occupées pendant toute la journée de creuser des tranchées pour tireurs debout et à construire des abris. Cantonnements à Ambly.
Deux bataillons sont en ligne dans le Bois Bouchot et le Bois des Chevaliers ; le 3e est au repos dans la région de Ranzières, bois de Ranzières. Un roulement est établi entre les bataillons qui vont successivement au repos.

05-10-1914
Un peloton de la 8e Cie est rassemblé dans le village de Vaux pour une attaque sur le Bois de Baugny cherchant prendre pied dans ce bois. La 1e section entre dans le bois sans résistance d’ennemi. La 2e section est arrêtée à 150 m environ de la lisière du bois par un feu violent de mitrailleuses, situées au Bois du Bouchot, et ne peut plus progresser. En même temps une vingtaine d’ennemis débouchent du Bois du Bouchot et se portent à l’attaque. Ils sont arrêtés par une patrouille. Le commandant de la Cie donne l’ordre de se replier.
Pertes : tués 17, blessés 16, disparus 2.

06-10-1914 au 22-11-1914
Le 27e RI occupe les mêmes emplacements et s’occupe avec les travaux de défense, patrouilles, attaques et est bombardé souvent par obus ennemis.
Pertes dans ce période : tués 31, blessés 58

22-11-1914 au 02-12-1914
Le 27e RI est relevé par le 173e RI et quitte ses cantonnements de Mouilly et de Ranzières. Au moment où le 3e Btn se préparait à quitter Mouilly, l’artillerie ennemie bombarda ce village avec une telle violence que ce bataillon eut 4 tués et 12 blessés, dont plusieurs très grièvement.
Le régiment va cantonner à Villers-sur-Meuse et Tilly-sur-Meuse, puis il se rend par étapes à Cousances-aux-Bois, où il arrive le 25. La 30e Brigade est alors mise au repos en réserve de la 1e Armée.

02-12-1914
Dans la nuit la 6e compagnie, soutenue par l'ensemble du 2e bataillon, prend part à une opération ayant pour but de faire subir des pertes à l'ennemi, de rapporter des
renseignements et de ramener des prisonniers. L'opération a lieu en forêt d'Âprement dans le secteur de Tète-à-Vache. L’attaque échoue après un combat corps à corps dans les tranchées allemandes.
Pertes : 68 hommes tués ou blessés.

04-12-1914 au 11-12-1914
Le 27e RI fait mouvement par Baudrimont, Lignières sur Triconville et Cousances-aux-Bois. Le 9 décembre le 1e Btn relève le 210e RI à la redoute du Bois Brulé. Le 10 décembre le 2e Btn relève un bataillon du 29e RI à gauche du 1e Btn (zone nr 2) Le 3e Btn reste en réserve dans les abris.

11-12-1914 au 19-12-1914
Le 27e RI doit attaquer deux parties de tranchées de la Redoute du Bois Brulé, dans lesquelles les Allemands avaient réussi à pénétrer. Après un tir violent de l’artillerie française d’une durée de 10 minutes c’est le 3e Btn qui attaque le bastion Nord de la Redoute. Les troupes abordent l'objectif assigné, où ils sont accueillis par les explosions
d'un engin nouveau, le « Calendrier » qui leur cause des pertes cruelles. Le 27e RI doit stopper l’attaque mais reste sur place au Bois Brulé, chaque jour bombardé par les obus et obus-bouteilles ennemis. Travaux de tranchées et lutte très grande soit le jour, soit de nuit pour empêcher l’ennemi de progresser dans les boyaux.
Pertes : tués 96, blessés 389, disparus 78

19-12-1914
Etienne Grillot est blessé par une balle à la main droite. Comme tous les blessés il est transporté à l’ambulance à Commercy.



03-06-1915
Etienne Grillot est passé au 156e Régiment d’Infanterie, 2e Bataillon, 8e Compagnie. Nr. matricule 13062.
Ce régiment cantonne à Sus-Saint-Léger, à quelques kilomètres de Doullens où il reçoit le 5 juin un renfort de 223 hommes du 27e RI. Ces hommes ne viennent pas du front, parce que le JMO du 27e RI ne mentionne pas un transfert de 223 hommes au 156e RI.
C’est possible que ce renfort du 27e RI consiste d’hommes, récupérés de ses blessures et de nouvelles recrues et qui viennent du dépôt.
Le 156e RI a besoin de renforts suite les grandes pertes (1336 tués ou blessés) du mai au Nord de la France.

10-06-1915 au 16-06-1915
Le régiment quitte Sus-Saint-Léger et va cantonner à Tilloy-lès-Hermaville où il reste trois jours. Le 12 juin, il se rend dans la zone des attaques de mai, et arrive le soir à Écoivres, où il bivouaque avant de monter en ligne pour prendre part à la nouvelle offensive. Le 15, à la tombée de la nuit, le 156e R.I. monte en ligne pour prendre ses emplacements de combat.

16-06-1915 au 28-06-1915
l'armée reprend l'offensive en partant des points où elle s'est arrêtée vers la fin de mai.
Le 20e C.A. doit enlever la crête de La Folie et pousser ses éléments avancés vers les bois de La Folie, de Bonval et du Goulot. Le 156e RI vient en seconde ligne, réserve de D.I.
A 12h 15, la 77e brigade sort de ses tranchées. Le 153e RI est cloué sur place.
Le 146e réussit à s'emparer des premières lignes, mais violemment contre-attaqué, il doit revenir sur ses positions de départ. Le 156e RI a suivi le mouvement en avant et s'est porté au Rietz, prêt à exploiter le succès ; à la nuit, il reprend ses emplacements de départ. Le 17, l'attaque reprend dans les mêmes conditions ; la 77e brigade subit à nouveau de lourdes pertes, sans réussir à progresser. A 21h 15, le régiment relève le 146e ; le 156e RI s'échelonne en profondeur : 1er bataillon en ligne; 2e et 3e derrière, dans Neuville-Saint-Vaast.
L'attaque devait reprendre le 18 ; au dernier moment, le contre-ordre arrive.
Le régiment reste en ligne jusqu'au 28 juin. Le secteur est très mouvementé et très violemment bombardé. L'ennemi y fait un large usage de minenwerfer de gros calibre qui occasionnent des pertes. Pour la première fois, le régiment reçoit quelques obus à gaz ; quelques hommes sont intoxiqués. Le 28 juin, le régiment est relevé.
Pertes : tués 42, blessés 178, disparus 1

28-06-1915 au 28-08-1915
Le 156e RI fait mouvement à Bayon pour y cantonner pour un grand repos. Dès de 7 juillet de permissions de 6 ou 8 jours sont donnés aux soldats.

28-08-1915
Le régiment quitte Bayon et fait mouvement pour le front dans la Somme.

31-08-1915 au 25-09-1915
Le 2e bataillon de Grillot monte en 1e ligne dans le secteur I, limité à droit par le fortin de Beauséjour et Vallée de Marson. Les autres bataillons montent en 1e ligne dans le secteur J. Travaux de création et amélioration de boyaux en arrière de la 1e et 2e ligne.
Les unités bivaquent dans baraques à Somme-Bionne et dans les abris aux abords de Wargemoulin. Le JMO du 156e RI ne mentionne pas les activités ennemies mais les Allemands causent des pertes dans ce période :
Tués 20, blessés 118

25-09-1915 au 30-09-1915
Attaque de la division sur la croupe de Maisons de Champagne, la Dormoise (Ripont et Rouvroy) et les crêtes au nord, vers Fontaine-en-Dormois.
A droite, le corps colonial attaque la Main de Massiges. A gauche, la 11e D.I. attaque la Butte du Mesnil. L'attaque est précédée d'une formidable préparation d'artillerie de trois jours.
le 1er bataillon du 156e RI est mis à la disposition du 160e RI, les 2e et 3e bataillons se portent, à 11h 30, au bois en Fer de Lance. Les combats sont violents et souvent corps à corps, sous un bombardement intermittent. Le 27-09 les 1e et 2e bataillons sont épuisés, le 3e bataillon perd dans cette affaire, 13 officiers sur 15. Les deux bataillons sont réduits à 150 hommes chacun.
Pertes dans les combats de Champagne du 25-09 au 30-09 :
Tués 131, blessés 813, disparus 377.



Etienne Grillot est blessé pour la deuxième fois le 30 septembre : plaie par balle index gauche.

Les combats de Champagne continuent jusqu'à 11 octobre 1915. Sans Grillot qui est blessé.
La blessure de Grillot ne me semble pas très grave et relativement vite guéri, mais je n’ai pas trouvé la date de son retour dans le 156e RI.

18-10-1915 au 24-12-1915
Le régiment tient le secteur entre Maisons de Champagne et le bois du Vingt-Millième ; les trois bataillons en ligne, le régiment alternant tous les six jours, avec le 418e RI. Le secteur, très dur au début en raison du bombardement incessant et de la proximité des lignes, se calme peu à peu.

24-12-1915 au 28-01-1916
Le régiment est relevé définitivement et va cantonner près de Vitry-le-François.
Le 29 décembre, le régiment est embarqué en chemin de fer et vient débarquer en Lorraine, à Vézelise. Il reste au repos dans cette zone jusqu'au 28 janvier 1916. Pendant cette période, le régiment est remis à l'instruction et de nombreux cours commencent à fonctionner, cours des capitaines, des chefs de section et des spécialistes.

28-01-1916 au 24-02-1916
Le régiment se rend dans le secteur de Baccarat, pour travailler aux organisations défensives des 2e et 3e positions. Le 18 février, 156e RI fait mouvement pour se rendre au camp d'instruction de Saffais.

24-02-1916 au 13-03-1916
Le 156e RI fait mouvement par voie de terre et par autobus et arrive le 25 février au pied du fort de Regret, à Verdun. Le régiment est dirigé sur les forts de Sartelles et du Chana; mais ces forts sont déjà pleins de monde et la moitié du régiment doit bivouaquer sur le plateau, par un froid extrêmement vif ; à 13 heures, l'ordre d'alerte arrive. Toute la brigade se porte sur le ravin sud de la côte de Froide-Terre et s'y rassemble. À 18h 30, le régiment quitte Froide-Terre, avec mission d'aller occuper, coute que coute, le village de Bras et la route Bras – Douaumont.
Le front, très large, oblige le commandant à déployer tout le régiment et à ne conserver aucune réserve.
Le 1er bataillon se place entre la Meuse et la route Bras - Louvemont, jusqu'à l'avant de Bras. (Il défend Bras.) Le 2e bataillon se place à droite du 1er, le long et au sud de la route Bras - Douaumont, jusqu'au carrefour des routes Bras - Louvemont, Bras - Douaumont.
Le 3e bataillon à droite du 2e, sa droite en liaison avec le 160e RI.
Le 26 février à minuit 25, le colonel DE COUTARD répond au colonel BABLON, commandant la brigade :

« Je me suis rendu compte du repli de la 37e D.I., et je crois que je suis en première ligne. Je suis déjà bombardé à Bras. J'ai des blessés et pas même de voitures médicales. Faites-moi envoyer deux voitures autos. Je n'ai pas d'outils, ma voiture téléphonique est au T.C. dont je n'ai pas de nouvelles, impossible de me relier à vous. La ligne de défense indiquée était à peine tracée. Au village de Bras, le bombardement empêche de travailler facilement. J'ai pris contact avec mes compagnies de mitrailleuses qui viennent d'arriver.
Si, comme vous le dites, la 37e D.I. se replie sur la crête de Belleville, Froide-Terre est donc abandonnée. Je suis en l'air sans outils, avec 120 cartouches, sans communications téléphoniques, sans réserve à cause du front à tenir, sans vivres, car les cuisines roulantes ne sont pas arrivées. Les hommes sont fatigués. Je suis en contact, à droite, non pas avec le 160e mais avec des éléments des 3 e zouaves. »



Le 26 à 10 heures, les Allemands venant de la direction d'Haudromont, attaquent Louvemont et la côte du Poivre.
Le 27, au petit jour, l'artillerie ennemie commence à bombarder violemment les nouvelles tranchées du régiment. Le bombardement diminue à 11 heures. À 11h 15, une reconnaissance allemande se glisse le long du canal à l'abri des péniches et parvient à l'entrée nord-ouest de Bras ; elle est repoussée. Dans la nuit, le 2e bataillon tout entier se porte sur la crête du Poivre et s'y installe solidement.
Le 2 mars la situation du régiment est alors la suivante : en ligne, 3e bataillon, barrant le ravin de Louvemont; en soutien, 1er bataillon derrière le 160e ; en réserve de D.I., 2e bataillon, pentes sud de Froide-Terre.
La situation reste stationnaire jusqu'au 9 mars, les bataillons restaient soumis journellement à un bombardement intense qui occasionne des pertes.
Le 9 mars, dès 7 heures du matin, un bombardement intense avec obus de tout calibre et gaz suffocant se déclenche sur les premières lignes, le ravin de Louvemont, le bois d'Haudromont et la côte du Poivre. Le feu atteint son maximum d'intensité vers 11 heures. À 12 heures, tirs de barrages à gaz lacrymogène en arrière des premières lignes.
À 12h 15, l'ennemi attaque violemment sur la côte du Poivre, le ravin de Louvemont et le bois d'Haudromont. L'attaque est partout enrayée, les vagues sont décimées avant d'avoir pu aborder les lignes.
Dans la nuit du 10 au 11 mars, le régiment relevé vient cantonner à l'hôpital de Verdun.
Après deux jours passés à Verdun, le régiment est embarqué en automobiles à Regret et débarque à Ancerville où il cantonne.
Pertes dans cette bataille de Verdun :
Tués 101, blessés 285, disparus 5.

13-03-1916 au 06-04-1916
Au repos à Ancerville. Suite repos dans la zone Mognéville - Beurey.

07-04-1916 au 20-04-1916
Le 7, le régiment est embarqué en automobiles, débarque à Blercourt, et va bivouaquer à Dombasle-en-Argonne. Au cours de la nuit, le régiment est alerté.
Au petit jour, le 3e bataillon est poussé sur Vignéville, le 1er et 2e sur Béthelainville.
Le 9 avril, l'ennemi déclenche une violente attaque sur le front de la 11e D.I. ; aussitôt le 3e bataillon pousse sur Montzéville.
À 16h 30, la situation est grave sur le front de la 11e D.I. ; le 156e RI est mis à la disposition de la 11e D.I., pour parer à tout mouvement ennemi dans la direction de cote 304.
Le 3e bataillon gagne immédiatement Esnes, les deux autres Montzéville.
Le 10 avril, l'ennemi recommence son attaque et menace cote 304.
En plein midi, sous un violent tir de barrage, le 3e bataillon monte à cote 304, s'y déploie sous le feu et vient border les pentes nord. L'ennemi est arrêté au pied de 304.
Dans la nuit, le 2e bataillon vient prolonger à droite le 3e et les éléments de la 11e D.I. se retirent derrière ce rideau. Le 1er bataillon reste en réserve derrière 304.
Du 10 au 20 avril, le régiment reste en secteur, dans cette zone, sous un bombardement extrêmement violent, repoussant, chaque jour, les reconnaissances ennemies, et se portant au nord de 304, il pousse ses lignes à 400 mètres en avant. La pluie qui ne cesse de tomber, le travail continuel et très pénible toutes les nuits, le bombardement incessant ont vite épuisé le régiment. Pour la première fois, beaucoup d'hommes ont les pieds gelés.
Le 20 avril, le régiment est relevé par des éléments du 9e corps. Il se porte à Blercourt ; dans la journée, il est enlevé en autos et va cantonner dans la zone Robert-Espagne - Beurey.
Quelques jours après, il est embarqué en chemin de fer et se porte dans la région est de Montdidier.
Pertes dans ce bataille de Verdun, Esnes et cote 304 :
Tués 55, blessés 264, disparus 1

14-06-1916 au 13-08-1916
Le 156e RI prend le secteur de Maricourt; secteur extraordinairement calme. Le régiment prépare le terrain d'attaque. Le 22, il est relevé et va au repos à Suzanne, jusqu'au 27. Dans la nuit du 27 au 28, il prend ses emplacements de combat.
La 39e D.I. est D.I. de gauche du C.A.; sa mission consiste à couvrir l'attaque des Anglais sur Montauban. À cet effet, elle doit enlever le bois d'En-Haut, le bois Sans-Nom et le bois Favière.
Le 156e RI mène l'attaque avec deux bataillons, 2e bataillon à gauche, 1er bataillon à droite. Les bataillons sont eux-mêmes sur quatre vagues ; chacun des bataillons de première ligne fournit une compagnie de réserve de régiment (2e et 5e compagnies).
Le 3e bataillon est réserve de brigade.



Les objectifs sont : 1er bataillon, bois d'En-Haut, avec postes avancés vers la voie ferrée et la ferme Klafham; 2e bataillon, bois Sans-Nom et carrière du bois Sans-Nom. Le 1er juillet, à 7h 30, l'attaque se déclenche.
La préparation d'artillerie a été particulièrement forte, la contrebatterie très efficace, aussi le barrage ennemi au départ est-il très faible.
Les vagues d'assaut enlèvent rapidement les premières tranchées ennemies presque nivelées par places ; elles marquent le temps d'arrêt prévu et à 8 heures, se portent sur leurs objectifs. Le 2e bataillon atteint sans difficulté son objectif; le 1er bataillon engage une courte lutte dans le bois d'En-Haut qu'il enlève à la grenade.
À 8h 15, tous les objectifs sont atteints.
Le régiment reste dans ce secteur sous les bombardements violents et avec attaques sur Hardecourt.
Le 11 aout, le régiment est embarqué en chemin de fer ; il débarque le 13 à Eu et va cantonner dans les environs du Tréport et reste au repos complet pour se réorganiser.
Pertes dans cette bataille de Picardie :
Tués 142, blessés 502, disparus 5

25-08-1916
Grillot est passé au 158e Régiment d’Infanterie et matriculé sous le nr. 13475.
Il est incorporé dans la 3e Compagnie de mitrailleuses.
Le 158e RI occupe à cette date le secteur Harbonnières-Guillaucourt (Somme)

04-09-1916 au 18-09-1916
Le 158e RI attaque entre Soyécourt et Vermandovillers, à gauche le 1er bataillon enlève les tranchées ennemies sur une profondeur de 1500 m; à droite le 3e progresse également en dépit d'une résistance acharnée : mais le corps plus à droite étant
arrêté devant le Bois du Page, il va se trouver complètement découvert. Le chef de la 3e Bataillon n'hésite pas à tenter une manœuvre hardie qui va réussir pleinement :
bien que le Bois du Page ne soit pas dans sa zone d'action, il le fait tomber par une attaque de flanc. Il ne reste plus qu'à boucher, au moyen du 2e Bataillon jusque-là en soutien, le trou qui s'est formé entre le 1er et le 3e, puis à céder généreusement le Bois du Page au corps voisin.
La nuit du 4 et la journée du 5 se passent en furieuses contre-attaques : mais le 158e RI
tient. Cependant le voisin a perdu le Bois du Page, il va falloir le reprendre. Le 6, attaque en liaison avec le 1e BCP, le 3e Bataillon reprend le Bois du Page ; le 2e bataillon, malgré de violents feux de flanc, fait une progression de 600 mètres des tranchées N. E. de Vermandovillers.
Le 18 septembre le Régiment est relevé, sauf le 3e bataillon qui est mis en disposition de la 85e Brigade et reste dans le champ de bataille.
Pertes : 17 officiers et 537 hommes tués ou blessés.

19-09-1916
Pour les 3 e fois, Grillot est blessé, suit d’un bombardement violent. Plaie pénétrante région scapulaire gauche, par éclat d’obus. Les Archives Médicales Hospitalières des Armées ne peuvent trouver aucune information de cette blessure.
Le 158e RI continue la bataille de la Somme jusqu’a novembre 1916 et après prend un secteur dans la Picardie.
J’ai continué l’histoire de Grillot le 1 février 1917, supposant que Grillot est guéri de sa blessure de 19 septembre.

L'hiver 1916-1917 fut pour le Régiment une période de repos, ainsi que d'instruction et d'entrainement en vue de l'offensive que le Haut Commandement projetait pour le printemps. Les premiers mois de 1917 (qui furent extrêmement rigoureux) furent employés en marches dans la Haute-Saône et l'Alsace, en manœuvres dans le Camp de
Villersexel, en travaux dans le secteur d'Alsace.

14-04-1917 au 23-05-1917
le Régiment était transporté en chemin de fer dans la région de la Ferte-Gaucher et acheminé par étapes vers le Chemin-des-Dames, en vue de continuer la guerre de mouvement, commencé en avril. Hélas, les premiers succès, ne sont pas suffisants.
La guerre de tranchées, et dans l’Aisne aussi la guerre souterraine, est repris.

23-05-1917 au 28-08-1917
Le 158e RI quitte ses emplacements et va cantonner à Ciry-Salsogne, Montgaubert et Breuil où il occupe le secteur de Billy s/ Aisne.
Pertes dans cette période : Tués 23, blessés 67, fait prisonnier 3 (par coup de main)

25-08-1917 au 18-10-1917
Le 158e RI est relevé par le 4e Régiment mixte de Zouaves.
Général Pétain projetait pour le mois d'octobre une attaque à objectif limité sur le Chemin-des-Dames et le Fort de la Malmaison. C'est -pour la préparer que le Régiment descendit des tranchées le 25 aout.
Pendant près de deux mois les troupes d'assaut «répétèrent» à l'arrière: figuration sur un terrain aménagé des objectifs à enlever, manœuvres en liaison avec les chars
d'assaut et avec avions de reconnaissances et travaux offensifs dans le secteur d'attaque, étude par tous les exécutants des plans directeurs et des photos d'avions, préparation minutieuse de l'équipement, du ravitaillement, etc.
Jamais attaque ne fut plus minutieusement préparée.

18-10-1917
Le 1e bataillon du 158e RI monte en secteur de départ pour l’attaque. Jour J : 23 octobre, Heure H : 05h15. Avec le 1e bataillon monte la 3e compagnie de mitrailleuses de Grillot et une demi-compagnie de mitrailleuses de la 2e CM.


Jour de décès

23/10/1917

A 5h15 le régiment, encadré à droite par les 1er et 31e BCP, à gauche par le 149e RI débouche en arrière d’un barrage roulante d’artillerie dans l'ordre suivant : en première ligne : 1e Bataillon avec la 3e CM de Grillot et une demi 2e CM. En soutien le 2e Bataillon.
Avec le 1e Bataillon marche la 10e compagnie, chargée du nettoyage, besogne particulièrement importante et difficile dans ce pays de souterrains, où les carrières et les
«creutes» peuvent abriter des régiments entiers.

A 6h10 le 1e Bataillon, malgré les difficultés du terrain et la résistance de quelques mitrailleuses, atteint ses objectifs Talus de la Bascule et Tranchée des Hérissons et s'y installe. (voir carte)

A 9h15 le 2e Bataillon dépasse le 1e bataillon. Sous un violent tir de mitrailleuses, issu du Bois de Belle-Croix, il continue sa marche vers le 2e objectif le Bois des Hoinets, qui est finalement atteint, avec le concours des chars d'assaut. (voir carte)

Ce jour Etienne Joseph Grillot est tué à l’âge de 25 ans.


Citations

Cité à l’ordre du Régiment nr. 50 du 30 mars 1917
« Bon soldat, a accompli son devoir courageusement blessé 2 fois »

J.O. du 17 décembre 1920
« soldat particulièrement brave et dévoué. Est glorieusement tombé pour la France le 23 octobre 1917, en faisant vaillamment son devoir devant Chavignon. »


Médailles

Croix de Guerre avec étoile de bronze (2 x)


Inhumation

Lieu d’inhumation pas trouvé. Le jugement de son décès rendu le 12 aout 1921 par le Tribunal de Clamecy et transcrit à Mhère le 4 septembre 1921.


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

- archives SHDGR GR 26 N 601 001 0061 T
- archives SHDGR GR 26 N 699 009 0257 T
- archives SHDGR GR 26 N 699 010 0053 T
- Malmaison-Chavignon

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