Fiche matricule de recrutement

DARNEAU Pierre

19/01/1893 - 01/07/1917

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Informations personnelles

Né le 19/01/1893 à Mhère (Jeaux)

Résidant à Mhère (Jeaux)

Père : Louis Darneau

Mère : Marie Dafrosse

Profession : Cultivateur

Résidence familiale : Mhère (Jeaux)


Signalement
Données à caractère physique :
Cheveuxnoirs
Yeuxgris bleu
Frontcouvert
Nezmoyen
Visageovale
Taille1.66 m
Poids kg

Recrutement

Fiche matricule 424 bureau de Cosne. Classe de mobilisation 1913

Inscrit sous le nr. 28 de la liste de Canton de Corbigny

Classé dans le 5e partie de la liste en 1913 : « Faiblesse »


Détail des services et mutations diverses

Maintenu ajourné en 1913 par la commission de réforme de Cosne. Classé dans la 5e partie de la liste en 1914 : « Faiblesse »
1e conseil de révision : 5e partie de la liste : « Faiblesse »
2e conseil de révision : Classé dan la première partie de la liste en 1915 : « Bon »

09-09-1915
Incorporé au 109e Régiment d’Infanterie

10-09-1915
Arrivé au corps, soldat 2e classe
Ce jour Darneau arrive à la caserne de Chaumont, dépôt du 109e RI. On peut se questionner pourquoi Chaumont pour un recrue de la Nièvre ?
Je pense qu'à la fin de 1915, la guerre a vu des grosses pertes des troupes, le Grand Quartier General a décidé de recruter tous les jeunes qui sont ajournés par décision de commissions de réforme, même les faibles.
Darneau a ses instructions militaires au dépôt de Chaumont. Normalement un période de 4 mois où si c’est urgent de renforcer le régiment, 3 mois.
Le 109e RI à reçu un renfort le 4 décembre de 62 hommes et le 21 janvier 1916 un renfort de 67 hommes du dépôt de Chaumont. Ce n’est pas clair dans quelle groupe se trouvait Darneau. J’ai opté pour le 21 janvier.

21-01-1916 au 01-02-1916
Arrivé au front.
Le 109e RI cantonne à Humerœuille, Eclimeux, Blingel et Blangy sur Ternoise, 43 km ouest de Lens.
Le régiment fait des repos et exercices. Chaque bataillon doit faire des exercices d’évolution sur un terrain de manœuvres.

01-02-1916 au 09-02-1916
Le régiment fait mouvement au Camp de St. Riquier et cantonne définitif à Marcheville, Domvast, Gapennes. Le programme d’instruction du Camp de St. Riquier débute par des évolutions de Régiment, de Brigade et de Division. Commencement des manœuvres pour enlever des lignes de tranchées. Les différentes opérations sont supposées.

10-02-1916 au 21-02-1916
Exécution du jour, manœuvre avec troupe. Le General Pétain, commandant la 2e Armée dirige la critique
Le période de manœuvres est fini avec trois jours de repos.

22-02-1916 au 04-03-1916
Mouvement du 109e RI par voie de terre et par voie ferrée direction Verdun. Le 3 mars le régiment fait mouvement par automobile pour se rapprocher de Verdun. Le débarquement se produit vers 1h au hameau de Regret à 1,5 km de Verdun. Suit le régiment va cantonner à la caserne Bevaux au S.E. de Verdun.

05-03-1916
Le 109e RI est en première ligne Est de fort de Douaumont après une relève pénible du 1e Régiment mixte de tirailleurs et de Zouaves.

07-03-1916
Dès 6h l’ennemi commence un bombardement d’une intensité croissante, qui devient extrêmement violent à partir de midi et cesse entre 18 et 19h. La première ligne souffre peu, mais ce bombardement est sensible sur les réserves.
Pertes : tués 20, blessés 62

08-03-1916
Nuit calme. Vers 6h du matin, l’ennemi reprend le bombardement dont la violence augmente sans cesse et devient d’une extrême intensité à partir de 9h. Entre 11h et 11h30, l’infanterie allemande déclenche son attaque sur tout le front, avec jets de liquides enflammés sur les 9e et 10e Cies. Le 109e RI perd terrain mais à midi il possède une ligne de défense et l’attaque de l’ennemi ne peut pas progresser. Une contre-attaque n’arrive pas à reprendre la tranchée perdue, mais rejette l’ennemi dans celle-ci. Les allemandes cessent leur attaque et continuent le bombardement dont la violence va en décroissant et cesse complètement vers 19h.
Pertes : tués 58, blessés 230, disparus 521.



10-03-1916
Après une nuit et matin calme, vers 14h le bombardement reprend et dure jusqu’ á 18h. En ce moment l’ennemi déclenche une attaque d’infanterie assez vigoureuse, mais qui échoue complètement devant le feu d’infanterie et de nos mitrailleuses.
Pertes : tués 9, blessés 48.

11-03-1916
Dans la nuit de 109e RI est relevé par le 140e RI et cantonne à Haudainville.

12-03-1916 au 15-03-1916
Les pertes du Régiment s’élèvent pour ces dernières journées (depuis 4 mars) à 956 hommes et 28 officiers. Néanmoins le Régiment doit être prêt à occuper un secteur d’un moment à l’autre. C’est pourquoi le Lt. Colonel décide au point de vue tactique. de former le Régiment à 2 bataillons. Les Cies sont à l’effectif de 180 hommes en moyenne.

16-03-1916
Le Régiment réorganisé en 2 bataillons remonte en 1e ligne environs Étang de Vaux et la carrière à la route de Fleury - Vaux.

18-03-1916
Des 6h du matin, l’ennemi commence un violent bombardement qui augmente d’intensité d’heure en heure. À midi, une vigoureuze attaque d’infanterie avec jets de liquides enflammes est déclenchée par l’ennemi.
À 12h30 nouvelle attaque qui est arrêté par notre feu des sa sortie des tranchées.
Pertes : tués 30, blessés 97

20-03-1916 au 20-04-1916
Le 109e RI part du front en étapes sur Bazincourt. Dans ces jours le régiment reçoit un renfort de 832 hommes et le 3e Bataillon est reconstitué et l’effectif des Cies est 176 hommes.
Repos et instruction. Le General Gouraud Commandant la IVe armée passe en revue la 13e Division sur un terrain situé à 1500 m. Nord de Bouy. Tous les drapeaux de la IVe armée sont présents.

21-04-1916 au 08-05-1916
Darneau est passé au 26e Régiment d’Infanterie.

La date est peut-être administrative, parce que le 20, 21 et 22 avril le 26e RI fait mouvement de Revigny sur Hébécourt, Saint Sauflieu et Rumigny dans la Somme.
Le Régiment se réorganise après la bataille de Verdun il reçoit ses renforts après le 21e avril. Le J.M.O. du 26e RI :
« Renforts – Le Régiment reçoit les renforts suivants pendant cette période (22-04 à 08-05)
25 avril – 409 hommes – 4 officiers
27 avril – 226 hommes – 2 officiers
Évacuations nombreuses, principalement parmi les derniers incorporés, récupérés, réformés, rappelés ou hommes insuffisamment guéris ne pouvant accomplir leur service au Régiment. »
La période de 22 avril au 8 mai est utilisée pour instruction sur le combat offensif des petites unités. École pour les spécialistes du régiment et les cadres.

09-05-1916 au 01-06-1916
Départ des cantonnements et marche direction Seux, Bougainville et Fluy ou le régiment cantonne. Continuation de l’instruction et des cours de différentes spécialités.

02-06-1916 au 30-06-1916
Départ des cantonnements pour le front. Occupation du secteur Péronne-Maricourt. Transformation du secteur en secteur d’attaque. Travaux aux tranchées, boyaux et abris. Préparations pour la grande offensive franco britannique.

06-06-1916 au 21-06-1916
Darneau est hospitalisé à Amiens, Hôpital Temporaire 78. C’est évident il à tombé malade. Dans le mois de juin le 26e RI avait 148 malades, dont 3 avec Fièvre Typhoïde, 10 Rougeole et 2 avec Oreillons. Peut-être la maladie de Drouin était assez grave pour lui hospitaliser.

22-06-1916
Convalescence de 15 jours de 22/6 au 06/07

06-07-1916
Darneau rejoint son Régiment et le front au Bois de l’Endurance

20-07-1916
Séjour du régiment au Camp des Célestins. Le 26e RI a quitté ses tranchées au Bois de l’Endurance pour assister à l’attaque du 47e et 153e Divisions d’Infanterie. Le jour de 30 juillet est fixé.

30-07-1916
L’attaque sur les tranchées au sud de Maurepas se déclenche à 5h45. La 6e Cie à atteint son dispotif, mais le 5e Cie n’a pu déboucher. Elle est prise sous un feu violent de mitrailleuses dans les trous d’obus. Les 9e et 10e Cie attaquent la tranchée de la Pestilence, mais sont arrêtées par des mitrailleuses. Tout le bataillon reste accroché dans les trous d’obus devant les fils de fer et est dans l’impossibilité d’avancer car il est soumis à un feu violent de mitrailleuses et à un tir de barrage intense.
Le régiment doit se replier mais c’est impossible. Il faut attendre la nuit.
Pertes : tués 66, blessés 219, disparus 173

15-08-1916 au 08-10-1916
Repos pour le Régiment dans la région Calmont Martigny. Les unités sont reformées, les cadres complétés, l’instruction reprise mais sans fatigue, car elle doit principalement tendre à occuper les hommes et à maintenir leur entrainement.

24-11-1916 au 19-01-1917
Le 26e RI remonte aux tranchées, Nord-est de Rancourt. C’est un terrain nouvellement conquis, situe en face d’une ligne forte (Bois St. Pierre Vaast) et ne présente aucune organisisation. C’est un chaos, le sol retourné de tante part par les obus. Ils n’existent ni tranchées, ni communications, ni boyaux, ni abris. Le régiment fait les travaux sous des bombardements ennemis et dans un mauvais temps. Les pertes dans ce période montent de 75 au 180, aussi suite des pieds gelés. Après les travaux le 26e RI est relevé.

19-01-1917 au 25-03-1917
Stationnement à Barbonville – Charmois – Vigneulles. L’instruction est reprise dans toutes unités de la 11e D.I. Grande manœuvre au Camp de Saffais. Après manœuvre travaux dans le secteur Lunéville – Baccarat.

16-04-1917
Après plusieurs mouvements du 26e RI le régiment est arrivé dans le secteur Moussy (Marne) pour y participer dans la Bataille du Chemin des Dames. Le régiment occupe l’ouvrage Faidherbe Nord de Moussy, Moussy et Verneuil. Mission du régiment est l’enlèvement de villages de Chevregny + les hauteurs au Nord et le village de Monampteuil + le plateau au N.E. de cette localité.
L’heure H = 6h et le régiment avance très lentement dans les boyaux. Le 26e RI suive un régiment du 39e DI (156e RI) mais ce régiment est stoppé par des attaques ennemies, donc le 26e RI ne peut pas avancer. Ca donne un bouchon dans les boyaux et tranchées en arrière, sous un bombardement d’obus ennemi. En fin de journée le régiment se trouve encore entre Moulin Brulé et Moussy.
Pertes : tués 16, blessés 59, disparus 3

17-04-1917 au 24-04-1917
La Division reprend l’attaque du 16 avril. Le 26e RI relève le 156e RI dans la nuit du 17 au 18 sur la ligne générale marquée par le Chemin Creux entre le canal et le Ravin de la Ferme Grelines (N.O. du Moulin de Braye)
Le 18 de 8h à 11h le régiment prend pied d’abord sur l’extrémité Sud de l’Éperon de Braye, ensuite sur l’éperon lui-même. Il continue son progression en pénètrent dans le village de Braye et prend pied sur le plateau du Chemin des Dames à la creute et au Nord de la tranchée de la Pie. Après ordre le régiment s’installe solidement sur la ligne Tranchée de la Pie et la Creute.
Le 20 le régiment pousse au Nord et occupe la 2e ligne allemande Tranchée du Vautour, le Boyau d’Elster et le Boyau de la Creute. Quelques éléments de la 3e Cie ont atteint la tranchée de l’Anse.
Le régiment est relève dans la nuit du 23 au 24 avril.
Pertes : tués 101, blessés 267, disparus 5

25-04-1917 au 18-05-1917
Le régiment reste dans le secteur de Braye en réserve quand la 11e division fait une attaque sur les lignes allemandes le 5 et 6 mai à Warmon, Ferme de Malval et Ferme de Grelines. L’attaque n’est pas un succès et le front se stabilise. Ce n’est pas possible d’avancer. La région de l’Éperon de Braye et de Braye ont été très violemment bombardées par l’artillerie ennemie avec obus cryogènes et asphyxiants. Le 11e division est relevée du front et se regroupe dans la zone Muret-Crouttes, Parcy-Tigny et Grand Rozoy.

19-05-1917 au 10-06-1917
Le 26e RI va cantonner à Latilly – Somelans – Bonnes. L’instruction est reprise dans tous les éléments de la Division concurremment avec l’incorporation et l’amalgame des renforts nécessités pour compléter les effectifs.

25-06-1917
Le régiment monte à première ligne dans le secteur Royaumeix et occupe le sous-secteur de Beaumont N.O de Seicheprey et le Bois Jury. Le front est immédiatement attaqué par les allemands qui cherchent à faire des prisonniers pour connaitre son aversaire.


Jour de décès

01/07/1917

« Le 26e RI fut dans la nuit du 30 juin au 1e Juliet l’objet d’une attaque par les gaz asphyxiants. On entendit nettement le sifflement caractéristique d’émission de la nappe. Elle commença à 1h15 et dura une heure. Pendant toute la durée de l’émission les tranchées de 1e ligne et de soutien furent soumises à un très violent bombardement de bombes asphyxiantes. L’émission semblait s’être produite sur tout le front occupé par l’ennemi entre Richecourt et le saillant de Kegelbahn.
Pas de signes percuteurs ; la veille une ou deux patrouilles ennemies s’étaient approchées de nos fils de fer. On avait entendu travailler en 1e ligne, on avait signalé l’élévation d’une sorte de tumulus. Contrairement à l’habitude, l’ennemi n’avait pas tiré jusqu'à minuit et ne répondait pas à nos tirs de fusils et de mitrailleuses ; quelques bruits divers.
Cependant à 1h15 devant le « Kegelbahn » (N.E. du Bois Remières) on entendit crier en français : « Lâchez tout »
La nappe atteignit aussitôt nos tranchées accompagnée de tirs de mitrailleuses et de bombardement.
Les bombardements à obus asphyxiants semblaient s’être localisés sur la 1e ligne avec une sorte d’encagement par obus ordinaires sur les tranchées de soutien sur Marvoisin à gauche et le Bois Jury à droite.
Les parties de la 1e ligne qui furent le plus particulièrement atteintes furent celles du centre H et du centre F (…)
Les hommes conservant tout leur calme. A ce moment beaucoup malheureusement s’étaient occupés à poser des réseaux de fils de fer, ou a creuser des tranchées notamment toute 1e Cie et une section de pionniers à notre droite (tranchée de raccordement) Ce furent les plus atteints. Ils durent en effet se reporter en arrière dans un dédale de boyaux, de tranchées et de fils de fer barbelé, trébuchant à chaque pas, beaucoup perdaient leurs masques et les déchirèrent.
Les secours furent apportés immédiatement mais ceux qui avaient subi l’intoxication ne vécurent pas longtemps. Beaucoup même qui paraissaient n’avoir été que superficiellement atteints par les gaz. moururent des ravages du poison, quelques jours après l’attaque.
Les pertes s’élevèrent à 350 hommes, dont 103 morts immédiatement. »

Ce jour, le 1er Juliet 1917, Darneau est tué par le gaz, âgé de 24 ans.


Citations

Bon soldat, belle attitude au feu. Tombé glorieusement le 1 juillet 1917 à Beaumont (Meurthe et Moselle. J.O. 24 décembre 1919


Médailles

Croix de guerre avec étoile de bronze


Inhumation

54 – Meurthe et Moselle
Commune Noviant-aux-Prés
Nécropole Nationale
Tombe 344


Crédits & Sources

Informations sur les sources :

- archives SHDGR GR 26 N 815 011 0044 T
- archives SHDGR GR 26 N 680 003 0016 T
- Pierre Fath

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